La justice sociale - Lorsque les syndicats s'entraident

Jérôme Turcq, vice-président au Québec de l’AFPC et vice-président de la FTQ, lors du congrès de son syndicat à Montréal, au printemps 2003

Jérôme Turcq, vice-président au Québec de l’AFPC et vice-président de la FTQ, lors du congrès de son syndicat à Montréal, au printemps 2003

L’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC-FTQ) vient de se joindre aux nombreux syndicats au pays qui sont déjà munis d’un fond d’entraide. Le Fonds de justice sociale de l’AFPC dispose d’un montant de démarrage de 600 000 $. On espère bientôt atteindre un budget annuel de 2,6 millions $ avec des contributions d’employeurs. Pour atteindre cet objectif, l’AFPC va négocier avec les employeurs le versement d’un cent de l’heure pour chacun de ses 150 000 membres, dont plus de 30 000 au Québec.

Lors du dernier congrès à Montréal, au printemps, les membres de l’AFPC ont adopté une résolution exigeant de leur syndicat qu’il négocie de telles contributions avec les employeurs. « Je me réjouis de cette initiative progressiste démontrant notre capacité à s’ajuster aux réalités sociales », a déclaré Jérôme Turcq, vice-président au Québec de l’AFPC et vice-président de la FTQ. Comme bien d’autres, il croit que la mission syndicale dépasse largement le cadre de la simple négociation collective. Pour lui, ces fonds d’entraide sont un exemple concret des moyens efficaces dont peuvent se doter les syndicats en cette ère de mondialisation des échanges commerciaux.

Une mission large
Le fonds de l’AFPC sera consacré au développement international, à la lutte contre la pauvreté, au secours d’urgence, à l’éducation et aux communications entre travailleurs et travailleuses au Canada et ailleurs dans le monde.

Le confrère Turcq voit de nombreux avantages concrets à un tel fonds d’entraide. D’abord, il est plus facile de contrecarrer des mesures répressives quand les syndicats de tous les pays sont bien équipés pour mener des luttes efficaces. De plus, l’économie canadienne en profite par les transactions commerciales que les fonds d’entraide suscitent. Aussi, les syndicalistes d’ici auront l’occasion d’acquérir une expérience nouvelle au contact de leurs confrères et consoeurs des autres pays.

Au fil des ans, l’AFPC a déjà participé à de nombreuses activités de solidarité au Canada et ailleurs: aide d’urgence lors d’inondations au Manitoba et lors de la tempête de verglas au Québec et en Ontario; aide aux syndicalistes et syndicats dans les régimes répressifs; aide aux syndicats et aux ONG dans la création de structures efficaces; initiatives de développement économique et plusieurs autres.

Les fonds d’entraide syndicaux comme celui de l’AFPC, du SCEP ou des Métallos représentent une réponse concrète à la mondialisation et à la domination croissante des grandes corporations. Ils constituent un contrepoids et favorisent :

  • la collaboration entre les syndicats et avec les organismes de la société civile;
  • les échanges de renseignements et la participation aux mêmes campagnes;
  • le développement de programmes d’éducation communs;
  • l’amélioration de la santé et de la sécurité du travail;
  • l’égalité entre les hommes et les femmes;
  • le renforcement des organisations de travailleurs et de travailleuses;
  • et le développement économique.