La FTQ s'associe à un appel urgent pour relancer les ateliers ferroviaires Alstom à Pointe Saint-Charles

Le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy

Le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy

Montréal, le 30 septembre 2003 – Le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy, s’est associé aujourd’hui à un appel urgent, lancé par des personnalités politiques, économiques et sociales, en vue d’une relance des ateliers ferroviaires Alstom à Pointe Saint-Charles.

M. Roy a notamment accusé l’Agence métropolitaine du transport de soutenir l’économie de l’Ontario plutôt que celle du Québec en faisant fabriquer à Thunder Bay, plutôt qu’à Montréal, ses nouveaux wagons pour la ligne Rigaud. « Il y a un an et demi, a rappelé M. Roy, les ateliers ferroviaires Alstom à Pointe Saint-Charles généraient plus de 650 emplois directs et quelque 2000 emplois indirects. Suite à la décision de l’AMT, une dizaine d’emplois subsisteront peut-être. »

Les salariés d’Alstom sont membres du Syndicat national de l’automobile, de l’aérospatiale et du transport (TCA-FTQ).

DÉCLARATION COMMUNE SIGNÉE PAR :

– Madame Liza Frulla, députée fédérale de Verdun/Saint-Henri/Saint-Paul/Pointe Saint-Charles

– Madame Lyne Hamel, conseillère municipale du district Louis-Cyr

– Monsieur Robert Bousquet, conseiller municipal du district Émard

– Monsieur René Roy, secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

– Monsieur Pierre Richard, directeur général du Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO)

« Nous joignons nos voix pour lancer un appel pressant à tous les décideurs politiques pour qu’un plan de relance sérieux soit mis en place pour sauver l’expertise montréalaise dans le domaine ferroviaire, tout particulièrement les ateliers ferroviaires de Pointe Saint-Charles.

La décision de l’Agence métropolitaine de transports (AMT) d’octroyer le contrat des 22 wagons pour la ligne Montréal-Rigaud à Bombardier Transport risque de porter un coup fatal aux ateliers ferroviaires d’Alstom. L’essentiel du contrat sera réalisé par Bombardier à son usine de Thunder Bay, en Ontario, alors que les effectifs de l’atelier montréalais d’Alstom sont réduits à quelques dizaines d’employés.

Nous ne comprenons toujours pas la logique derrière la décision de l’AMT d’écarter la proposition soumise par Alstom, ni les délais dans la prise de cette décision. Selon nos informations, la proposition d’Alstom était de loin la moins coûteuse et répondait aux exigences techniques de l’AMT, tout en offrant l’avantage de préserver des emplois de qualité et une expertise reconnue à Montréal.

Mais aujourd’hui, notre intervention est tournée vers l’avenir. Au nom de la communauté du Sud-Ouest de Montréal et aussi au nom des travailleurs montréalais du secteur ferroviaire, nous sollicitons la participation du gouvernement du Canada, du gouvernement du Québec et de la Ville de Montréal à un plan de relance des ateliers ferroviaires de Pointe Saint-Charles. De toute urgence, un groupe de travail multi-niveaux avec la présence de représentants des différents partenaires publics, privés, syndicaux et de la communauté devrait se mettre à l’ouvrage.

Alstom aura sans doute des décisions à prendre quant à son avenir à Montréal. Nous souhaitons vivement qu’elle y maintienne sa présence et qu’elle participe activement à l’opération de relance des ateliers ferroviaires. À court terme, nous sollicitons la collaboration du CN pour faciliter le maintien des opérations réduites d’Alstom dans le bâtiment de Pointe Saint-Charles.

Ce n’est pas la première fois que la communauté montréalaise et plus particulièrement celle du Sud-Ouest se mobilisent pour sauver les ateliers de Pointe Saint-Charles. Depuis la disparition des ateliers Angus dans Rosemont, ceux du Sud-Ouest représentent le dernier bastion d’une expertise montréalaise dans la fabrication et la remanufacturation de matériel ferroviaire. En 1996, la mobilisation de tous les partenaires montréalais avait influé sur le rachat des installations du CN par le géant Alstom. Après quelques années d’activités importantes sur le marché nord-américain, ce qui permettait de maintenir le nombre d’employés à plus de 600, la baisse de la demande aux États-Unis a frappé de plein fouet l’usine montréalaise.

Nous croyons qu’il est essentiel de faire converger les efforts de tous les partenaires pour maintenir et développer les ateliers du Sud-Ouest :

▪ pour que Montréal puisse profiter d’une reprise éventuelle du marché du rail en Amérique du Nord;

▪ pour que les investissements publics majeurs à Montréal dans le transport en commun (remplacement du matériel roulant du métro de Montréal, développement des trains de banlieue,…) servent à maintenir et à créer de l’emploi à Montréal;

▪ pour que les décideurs publics au moment de faire ces investissements ne se retrouvent pas avec un seul soumissionnaire;

▪ pour protéger des emplois de qualité et une expertise reconnue à Montréal ».

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.