La FTQ salue l’avis de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse

Droits des travailleuses et des travailleurs migrants

Montréal, le 20 février 2012 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) salue l’avis rendu public aujourd’hui par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse selon lequel les travailleuses et les travailleurs migrants sont victimes de discrimination. Plus particulièrement, les aides familiales résidantes, les travailleurs agricoles ainsi que les autres travailleurs étrangers temporaires seraient dans une situation de très grande vulnérabilité.

« Nous sommes bien contents, explique Michel Arsenault, le président de la FTQ, puisque l’avis et les conclusions de la Commission rejoignent pour la plupart les propositions formulées par la FTQ dans le cadre de la consultation publique sur la planification de l’immigration au Québec pour la période 2012-2015, à laquelle nous avons participé à l’été 2011. J’ose espérer qu’après lecture de cet avis d’une centaine de pages, le gouvernement du Québec mettra enfin la main à la pâte. »

Parmi les points majeurs, mentionnons :

• l’instauration de programmes d’immigration permanente couvrant les travailleurs et les travailleuses temporaires;
• la détention obligatoire de permis de travail sectoriel par province;
• l’interdiction de l’obligation de résidence chez un employeur;
• la reconnaissance universelle des droits du travail sans référence au statut d’immigration;
• l’application des lois du travail et des lois liées à la santé et à la sécurité;
• le libre accès à la protection sociale (aide sociale, aide juridique, instruction publique) et aux droits du travail (association, syndicalisation, négociation);
• une surveillance adéquate quant à la protection des droits;
• des conditions contrôlées d’hébergement pour assurer qualité de vie et dignité dans le domaine agricole et dans celui du travail domestique;
• l’encadrement législatif du recrutement;
• le pouvoir, pour un organisme public, de trancher dans les cas de litiges.

« Le temps est venu d’adopter les législations nécessaires pour respecter les droits fondamentaux de l’ensemble des travailleuses et travailleurs migrants. Pour nous, l’apprentissage du français et le droit à la syndicalisation doivent nécessairement s’ajouter aux recommandations. Nous osons croire que le gouvernement du Québec a à cœur de faire des travailleuses et des travailleurs migrants des citoyennes et des citoyens à part entière », ont conclu Louis Bolduc, directeur québécois des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) et vice-président de la FTQ, et Louise Mercier de l’Union des employés et employées de service (UES-800) et vice-présidente de la FTQ, dont les organisations syndicales luttent depuis plusieurs années entre autres pour le droit à l’égalité pour les travailleurs agricoles saisonniers et les aides familiales résidantes.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus de 600 000 membres.