La FTQ presse Ottawa de négocier avec Québec - Le régime québécois d'assurance parentale : ça urge!

Montréal, 24 février 2000 - La FTQ exhorte le gouvernement fédéral à négocier sans attendre avec le gouvernement du Québec le transfert de fonds de l’assurance-emploi pour nous doter du régime québécois d’assurance parentale tant attendu. « Le fédéral veut allonger la durée des congés parentaux, explique Henri Massé, président de la FTQ. Nous lui demandons plutôt de bonifier ces congés ainsi que leurs conditions d’admissibilité. »
« Le premier ministre Jean Chrétien et sa ministre, Jane Stewart, soutiennent avoir d’autres priorités pour retarder les négociations avec Québec. Pourtant, suite au discours du Trône d’octobre dernier, la présidente du Conseil du Trésor, madame Lucienne Robillard, avait clairement signifié que la porte était ouverte et qu’Ottawa était prêt à rouvrir les négociations aussitôt que le Québec lui ferait signe. Alors qu’ils tiennent parole et qu’on arrête de jouer au ping-pong. Trop de personnes dans le besoin attendent!, de dire Henri Massé.

Une question cruciale pour les jeunes parents
La question du régime québécois d’assurance parentale est au cœur des préoccupations des parents, particulièrement des femmes et des jeunes. « La FTQ est bien placée pour en parler. Nous sortons à peine d’un colloque sur les jeunes où nous avons longuement discuté de leur précarité. Les congés de maternité et parentaux, financés par la caisse d’assurance-emploi, sont difficilement accessibles aux jeunes, mères et pères, puisqu’il faut avoir cumulé 700 heures assurables pour y avoir accès, ce qui a pour effet d’exclure de nombreux travailleurs et travailleuses à temps partiel sans compter les autonomes qui n’y ont pas droit! », de poursuivre M. Massé.

La recherche-terrain FTQ : des révélations!
« Nous avons aussi sondé plus largement nos membres sur leurs besoins lors de la venue d’un enfant; c’est un véritable SOS qui nous a été lancé! », d’ajouter le président de la centrale. En effet, Des congés d’abord à la charge des parents en emploi, une étude FTQ produite en collaboration avec des chercheures de l’Université du Québec à Montréal, portait sur les besoins de 315 parents travailleurs en matière de congés lors de la venue d’un enfant. La recherche conclut que les congés actuels sont si insuffisants que les parents doivent en prendre d’autres à leurs frais, souvent par des congés sans solde.

Au total, c’est en moyenne 40 semaines que les répondantes ont dû prendre lors de la venue d’un enfant (congé de maternité et congé parental). Chez les hommes, plus du quart des répondants n’ont eu aucun congé payé par leur entreprise et 74 % n’ont eu qu’un congé payé de 5,5 jours en moyenne.

Débloquez : c’est urgent!
« C’est pour bonifier la durée de ces congés et le remplacement du revenu quand on les prend, mais aussi pour en faire profiter le plus grand nombre, que la FTQ insiste auprès du gouvernement fédéral qu’il négocie sans plus tarder avec le Québec. Les parents travailleurs, les femmes et les jeunes surtout, sont pris en otage dans les éternelles querelles Québec-Ottawa », de renchérir le président de la FTQ. La population du Québec attend depuis 1996 ce volet de la politique familiale. « Que le fédéral arrête de se traîner les pieds et qu’il prenne ses responsabilités! ».