La FTQ lance un sérieux avertissement aux élus

Services essentiels dans les transports en commun

Photos de la conférence de presse.

Photos: André Périard

Montréal, le lundi 11 juin 2007 – C’est en termes très durs que la FTQ réagit au dépôt par l’ADQ d’un projet de loi qui forcerait les sociétés de transport en commun à maintenir 80% des services lors des conflits de travail. « C’est un projet de loi bâclé, rédigé dans un objectif purement opportuniste et populiste et qui dénote une méconnaissance grave du dossier », a lancé Henri Massé, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).

« Mario Dumont se berce d’illusions s’il croit régler quoi que ce soit en s’attaquant à un des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses. Le chef de l’ADQ joue aux apprentis sorciers. Son projet porte atteinte à la libre négociation, bouleverserait les relations de travail et s’attaque de façon insidieuse au droit de grève de milliers de salariés », a poursuivi le président de la FTQ.

Aucune grève en 20 ans

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ), qui représente près de 7000 employés dans le transport en commun partout au Québec, ne comprend pas cette initiative de l’ADQ, rien ne justifiant de jeter par terre un processus qui fonctionne bien.

« Depuis 20 ans, les chauffeurs d’autobus, opérateurs de métro et changeurs n’ont fait aucune grève. Zéro, rien. Où est le drame? Où est l’urgence? On ne peut pas dire que nous avons abusé de nos droits. On ne parle pas non plus d’une épidémie », soutient Claude Benoît, président du syndicat.

Une formule gagnante pour les deux parties

Pour la FTQ, c’est la preuve que le régime actuel fonctionne et qu’une modification risquerait simplement d’accroître les risques de dérapage. « Dans les deux dernières décennies, nos membres ont toujours réussi à s’entendre avec l’employeur. Des conventions négociées, sans conflit, ont toujours été signées. La formule actuelle est gagnante pour les deux parties », souligne Henri Massé.

« Comment voulez-vous régler un conflit avec 80% du service rendu? Cette mesure ne ferait que prolonger les conflits de travail et pourrir les relations entre les parties. Il n’y aurait plus de pression sur personne! Pas d’incitatif à régler ni pour une partie ni pour l’autre. Est-ce que c’est cela qu’on veut? », s’interroge le président de la FTQ.

Services essentiels

La FTQ affirme que Mario Dumont joue sur les mots et oublie volontairement la définition légale d’un service essentiel. « Au Québec, un service est jugé essentiel lorsque son absence met en danger la santé ou la sécurité de la population. Qu’une grève dans les transports en commun provoque des désagréments, c’est évident et c’est normal. Faire une grève qui ne dérange personne ne constituerait pas un moyen d’action très efficace pour les travailleurs. Ceci étant dit, on est loin d’une menace à la santé des citoyens », plaide Claude Benoît.

Un système performant à Montréal

Malgré un sous-financement chronique qui se poursuit depuis le début des années 1990, le service rendu aux citoyens de Montréal se compare toujours avantageusement par rapport aux autres grandes villes du monde rappelle la centrale syndicale. En effet, une étude réalisée en 2004 par le Collège impérial de Londres concluait que la métropole québécoise se classait parmi les plus performantes tant en ce qui a trait à la fiabilité du réseau, au nombre d’heures travaillées par kilomètre parcouru ou à l’utilisation optimale des actifs en terme de capacité de transport.

Un appel aux autres partis

« Ce projet de loi n’apporte rien pour régler les conflits de travail potentiels et nie à toutes fins pratiques le droit de grève, ce qui pourrait faire en sorte qu’on se retrouve avec d’autres sortes de conflits larvés qui vont pourrir les relations du travail. La FTQ n’a jamais réclamé l’arbitrage parce que nous croyons à la libre négociation mais, encore une fois, mieux vaudrait l’arbitrage que les solutions amenées dans ce projet de loi ».

La FTQ demande finalement aux autres formations présentes à l’Assemblée nationale de bloquer ce projet législatif de l’ADQ. « Une pareille loi, une attaque aussi claire contre les droits des travailleurs, rencontrerait une vive opposition de la part de la FTQ et, j’en suis sûr, de tout le mouvement syndical québécois », a conclu Henri Massé.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres

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SOURCE : Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

Renseignements : Louis Cauchy, Communications FTQ, cell. 514-235-3996
Jean Laverdière, Communications FTQ, cell. 514-893-7809
Alexandre Boulerice, Information SCFP, cell. 514-668-7148