La FTQ joint la campagne mondiale en faveur d'une plus grande syndicalisation des femmes

Montréal, dimanche 3 mars 2002 – À l’occasion de la Journée internationale des femmes (8 mars), la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) renouvelle son engagement en faveur de l’égalité et de la justice. Mieux répondre aux besoins des travailleuses, supprimer les barrières qui les empêchent d’adhérer aux syndicats, y faire évoluer les mentalités et les rendre ainsi plus attractifs aux yeux des femmes : tels sont les objectifs de la campagne syndicale mondiale, sous l’égide de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), campagne à laquelle la FTQ adhère aujourd’hui.

La FTQ, la plus importante représentation féminine syndiquée au Québec

« Nous souscrivons aux objectifs de cette campagne d’autant que la FTQ, avec plus de 160 000 travailleuses, est la centrale qui compte au Québec le plus important nombre de membres féminins.

« Nous allons donc intensifier nos efforts de syndicalisation des femmes dans des secteurs que nous connaissons par ailleurs très bien comme le commerce, le textile, la restauration, les établissements financiers et autres, mais également dans des secteurs dits de la nouvelle économie », a déclaré M. René Roy, secrétaire général de la FTQ.

Un plan d’action pour aller de l’avant

« À cet effet, le Bureau de la FTQ vient d’adopter un plan d’action qui prévoit, entre autres initiatives, le jumelage dans les équipes de recrutement pour que les femmes s’y reconnaissent et reçoivent une information adaptée à leurs besoins spécifiques et à leurs attentes.

« Nous revoyons et adaptons actuellement divers outils d’information et travaillons à l’élaboration d’un guide sur les femmes et les syndicats, lequel fera état des luttes et de la place des femmes à la FTQ, des dossiers particuliers aux femmes, des avantages d’être syndiquée, des conditions du militantisme », a ajouté le secrétaire général de la centrale.

Relever significativement le nombre de syndiquées en 3 ans : un objectif réaliste

« L’objectif de la campagne chapeautée par la CISL de doubler le nombre de femmes syndiquées d’ici le 8 mars 2005 nous apparaît réaliste et réalisable pour peu qu’on y consacre les énergies et les ressources nécessaires. Les interventions lors de notre dernier congrès ne laissent aucun doute sur la volonté d’aller de l’avant dans cette campagne.

« Il ne faut pas oublier que le taux d’activité des femmes est passé de 27 % à 54 % entre 1960 et 1999 au Québec mais que les femmes demeurent beaucoup moins syndiquées que les hommes; même que leur taux de syndicalisation a légèrement baissé entre 1997 et 2001. Pourtant, c’est chez les femmes que l’on retrouve le plus d’emplois précaires. Ces travailleuses ont besoin, plus que toute autre, d’un syndicat pour les aider à améliorer leurs conditions de travail et de vie », a repris pour sa part Mme Johanne Vaillancourt, vice-présidente représentant les femmes à la FTQ.

Une approche qui réponde mieux aux aspirations des femmes

« Cette volonté de recruter plus de femmes au sein du mouvement syndical et de mieux les intégrer dans ses structures s’appuie notamment sur les résultats de la Rencontre biennale de réflexion en condition féminine de la FTQ en 1997 ainsi que sur l’enquête lancée par le Comité des femmes de la CISL en 2001, « La parole aux travailleuses », à laquelle la FTQ a participé.

« Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Les femmes ne comprennent pas toujours la manière dont les syndicats peuvent les aider, soit qu’elles manquent de temps en raison de responsabilités familiales, qu’elles n’ont pas été contactées par une organisation syndicale, ou qu’elles ont une image négative des syndicats et manquent d’écoute de leur part.

« Il faut résolument travailler sur ces perceptions ou ces réalités pour rejoindre les femmes. À la base, il est évident qu’il va falloir changer des mentalités dans les structures syndicales, avoir une approche qui réponde mieux aux aspirations des femmes », a indiqué Suzanne Amiot, vice-présidente à la centrale.

Des interventions bien concrètes

« Nous travaillons déjà très fort dans le dossier des femmes, que ce soit au plan de l’équité salariale, des violences en milieu de travail, de l’équité en matière d’emploi, que de santé et sécurité pour les travailleuses, de conciliation des responsabilités familiales et professionnelles, de l’assurance-emploi et bien d’autres. Lorsqu’elles ne sont pas syndiquées, les femmes éprouvent davantage de difficulté à corriger de nombreuses injustices qu’elles vivent en emploi. Nous avons l’intention d’intensifier notre action et sommes prêts à relever le défi que nous propose la CISL », de conclure René Roy.

La FTQ, la plus importante centrale syndicale québécoise, représente le plus grand nombre de travailleuses syndiquées au Québec, plus du tiers.