La FTQ invitée au Sommet des Amériques par Ottawa

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Henri Massé, président de la FTQ

Henri Massé, président de la FTQ

Henri Massé, président de la FTQ, a été convié par le ministre du Commerce extérieur, Pierre Pettigrew, à participer au Sommet des Amériques, le 20 avril 2001. La FTQ serait donc présente à une table réunissant des représentants syndicaux (FTQ, Congrès du travail du Canada, Organisation régionale interaméricaine des travailleurs) ainsi que des représentants des entreprises et des communautés autochtones, pour discuter de la façon de procéder pour intégrer les syndicats à la mise en place de la ZLÉA. Des ministres du Commerce de divers pays américains seraient aussi invités à cette rencontre.

« Pour le moment, on a simplement parlé d’une table ronde où ne seraient pas nécessairement représentés tous les pays »dit Henri Massé. « On n’ira pas pour la galerie ou pour servir de caution. Si on y va, c’est parce que ce sera le début d’un processus vraiment permanent ». Avant d’accepter l’invitation, le président de la FTQ veut s’assurer que la présence syndicale au Sommet des Amériques sera bien réelle.

« On a une responsabilité », plaide-t-il, rappelant que dans certains pays d’Amérique latine, le syndicalisme est loin d’être acquis. En Colombie, par exemple, 500 syndicalistes ont été tués depuis huit ans. Au Costa Rica, on sort encore les syndicalistes au fusil. Dans les maquiladoras du Mexique, le salaire minimum n’est pas respecté.

M. Massé souhaite qu’on s’inspire du modèle européen où les syndicats ont eu leur place dans les négociations et ont réussi à obtenir des clauses d’antidumping social, des mécanismes compensatoires pour les travailleurs et travailleuses, des mécanismes de redressement, ce qui n’existe pas avec l’ALÉNA.

Quoi qu’il en soit, la FTQ participera en grand nombre au Sommet des peuples des Amériques, le sommet parallèle de Québec. « Ce n’est pas contraire à une présence officielle au Sommet, dit son président. Au contraire, quand les gens sont assis pour négocier, il n’y a rien de plus efficace que d’avoir l’appui de milliers de manifestants dans la rue pour faire valoir sont point de vue. Et à Québec, les travailleurs et travailleuses de la FTQ seront les plus nombreux ! »

Tiré de La Presse, 5 avril 2001, page A-6.