La FTQ exige un Livre vert sur la laïcité

Commission parlementaire concernant l’encadrement des demandes d’accommodement raisonnable dans l’Administration gouvernementale

Photos: Clément Allard

Photos: Clément Allard

Québec, le 20 mai 2010 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) a présenté ce matin en commission parlementaire à Québec son mémoire sur le projet de loi 94 qui oblige les personnes qui donnent ou reçoivent un service public à le faire à visage découvert. D’emblée, le secrétaire général de la FTQ, René Roy, a mentionné que le projet de loi était pertinent mais nettement insuffisant pour résoudre toutes les tensions qui sont en train d’apparaître au sujet de la laïcité des institutions publiques québécoises.

« Ces tensions sont le résultat de la démission du politique, qui a laissé les tribunaux régler seuls toutes les questions posées par les pratiques religieuses dans l’espace public », déplore René Roy.
Téléchargez le mémoire.

Rappelant la position historique de la FTQ, qui prône la nécessité de laïciser nos institutions publiques, le secrétaire général a souligné que la séparation des pouvoirs religieux et politiques est aujourd’hui un des grands principes qui organisent notre vie collective.

« Malheureusement, ce principe est encore non écrit et ce projet de loi ne répond pas à une foule de questions sur l’aménagement concret de la laïcité québécoise; des questions qui se posent quotidiennement dans les écoles, les hôpitaux et autres institutions publiques », affirme René Roy.

Ce projet vise aussi à inscrire pour la première fois une définition des accommodements raisonnables dans la loi. Mais selon la FTQ, cela ne fera rien non plus pour changer les pratiques actuelles des tribunaux puisque la définition retenue est exactement celle qu’ils utilisent déjà.

Pour un Livre vert sur la laïcité

Dans sa deuxième partie, le mémoire de la FTQ propose au gouvernement d’avoir le courage de tenir le débat public qui s’impose et de le faire à l’aide d’un Livre vert sur la laïcité. La FTQ demande donc au gouvernement de déposer à l’Assemblée nationale, dans les meilleurs délais, un Livre vert sur la laïcité. Celui-ci exposerait les principes et définitions possibles de la laïcité, ainsi que les implications concrètes des différents modèles possibles et les moyens qui peuvent être mis en œuvre, sans indiquer l’option que le gouvernement privilégie (contrairement à un livre blanc).

« Ce débat public est nécessaire parce que l’approche du Québec en matière de laïcité n’est pas le produit d’un consensus politique soutenu par la population, mais plutôt d’une série d’interprétations jurisprudentielles. Or, les juges ne peuvent trancher toutes les questions difficiles que pose le devoir de vivre ensemble en harmonie », explique René Roy.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus de un demi-million de membres.

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Source : FTQ
Renseignements : Isabelle Gareau, FTQ 514 953-0142