La FTQ et le discours inaugural de M. Charest :«Nous ne sommes pas impressionnés, nous sommes plutôt inquiets» - Henri Massé

Le président de la FTQ, M. Henri Massé

Le président de la FTQ, M. Henri Massé

Montréal, le 4 juin 2003 — «Les arguments de M. Charest pour que nous changions de modèle ne m’ont pas impressionné, ils m’ont plutôt inquiété. Le modèle québécois a besoin d’ajustements, c’est normal, mais il roule encore plutôt bien et nous devons éviter de faire un virage à 180 degrés», déclare le président de la FTQ, M. Henri Massé, dans une première réaction au discours inaugural.

M. Massé s’interroge : «Nous devons avoir une idée plus claire des changements radicaux que M. Charest veut effectuer. Quel modèle d’État veut-il nous vendre? Celui de l’Ontario de Mike Harris, celui des États-Unis de George Bush, ou quoi encore? C’est bien beau de vouloir réinventer le Québec mais ceux qui ont voulu réinventer la roue ont fini par être rattrapés par la réalité.»

La fin annoncée par M. Charest de l’intervention active de l’État dans l’économie est ce qui inquiète le plus la FTQ, car cela concerne les emplois des Québécois. «M. Charest oppose faussement l’intervention de l’État et l’entrepreneurship, dit M. Massé. Sans l’État, nous n’aurions pas pu développer les entreprises et l’emploi comme nous l’avons fait ces dernières années au Québec, avec des projets comme Biochem, Paccar, Gaspésia, Alouette et plein d’autres. Et ces investissements rapportent en bout de ligne au gouvernement.»

Les lois du travail
De son côté, le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy, indique que la centrale est également inquiète des projets du gouvernement libéral dans le domaine du travail, en particulier la révision de l’article 45 du Code du travail pour faciliter la sous-traitance : «Nous sortons à peine d’une révision du Code et une telle réforme ne se fait pas à la pièce car tout se tient dans l’économie générale du Code.»

Sur les fusions des unités d’accréditation syndicales dans le système hospitalier, les syndicats ont déjà présenté des propositions. «Nous préférons régler ces problèmes par des négociations plutôt que par une loi, dit M. Roy. Qu’on examine les problèmes et nous nous engageons à trouver des solutions.»

Concernant le système de santé, la FTQ rappelle qu’il y a déjà une forte présence du secteur privé chez nous, que l’équilibre actuel est assez satisfaisant et qu’il ressemble à celui de beaucoup d’autres pays. «On ne va pas tout virer ça à l’envers», dit M. Massé.

S’agissant du mode de scrutin, la FTQ demande que le gouvernement tienne des consultations publiques approfondies avant toute réforme.

La FTQ se réjouit enfin que M. Charest affirme sa volonté de «développer» le réseau des garderies, mais elle attend de voir les mesures en ce sens dans le budget. À cet égard comme à bien d’autres, conclut la FTQ, il faudra attendre le budget de M. Séguin pour savoir ce qu’a vraiment voulu dire M. Charest aujourd’hui dans son Discours inaugural.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.