La FTQ est extrêmement déçue de la hausse minuscule du salaire minimum

Montréal, 12 octobre 2000 - Le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), M. Henri Massé, a fait part de son « extrême déception » à la suite de l’annonce aujourd’hui d’une hausse minuscule de 10 cents du salaire minimum, qui passera de 6,90 $ à 7 $ et ce, uniquement à compter du 1er février prochain. La FTQ avait réclamé récemment une hausse minimale de 25 cents uniquement pour maintenir le pouvoir d’achat, après deux ans sans aucune augmentation.

Pour montrer l’ampleur de sa déception, M. Massé a déclaré : « Aujourd’hui, quand on voit un 10 cents par terre, on ne se penche même plus pour le ramasser. La hausse annoncée est nettement insuffisante pour les petits salariés qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Le gouvernement du Québec, qui se targue d’être social-démocrate, a manqué une occasion en or de montrer qu’il veut s’attaquer sérieusement au problème de la pauvreté. »

M. Massé rappelle que les groupes de défense des personnes au salaire minimum, avec l’appui de la FTQ, réclament idéalement 8,50 $ l’heure, ce qui correspondrait au seuil de faible revenu défini par Statistique Canada. C’est aussi une des principales revendications de la Marche des femmes au Québec. En effet, près de 200 000 personnes sont rémunérées au salaire minimum au Québec, soit environ 6,5 % de la main-d’œuvre, et les deux tiers sont des femmes.

Des arguments en faveur
Le principal objectif d’une loi sur le salaire minimum est d’améliorer les conditions de vie des salariés à faible revenu et, par ricochet, de lutter contre la pauvreté, dit M. Massé. Le relèvement du salaire minimum se justifie de plusieurs façons :

> Il offre une meilleure incitation au travail et contribue à la valorisation des personnes qui, en trouvant un emploi mieux rémunéré, sortent de l’assurance-chômage ou de l’aide sociale;

> Il améliore la condition des femmes et des jeunes, les deux principaux groupes à toucher le salaire minimum, et réduit l’écart salarial entre les femmes et les hommes;

> Il entraîne un relèvement des salaires d’une vaste couche de la population payée à peine au-dessus du salaire minimum;

> Il réduit l’économie au noir, véritable fléau social;

> Il augmente la consommation et stimule, de ce fait, l’activité économique;

> Enfin, pour les employeurs, il présente plusieurs avantages : diminution du roulement de personnel et des postes vacants, augmentation de la motivation et de la productivité, meilleurs choix pour l’embauche.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente près d’un demi-million de membres.