La FTQ demeure solidaire avec Haïti

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Des militants et militantes du Syndicat des postiers d’Haïti ont reçu la formation «Mon syndicat» de la part d’Odette Gagnon et Robert Groulx (à l’extrême droite), en mission pour la FTQ.

Des militants et militantes du Syndicat des postiers d’Haïti ont reçu la formation «Mon syndicat» de la part d’Odette Gagnon et Robert Groulx (à l’extrême droite), en mission pour la FTQ.

Depuis la fin du régime Duvalier, en 1986, Haïti n’a pas connu de période de stabilité propre à bâtir une véritable démocratie. Les crises politiques ne cessent de se multiplier. Privé de gouvernement, le pays se retrouve dans un état de délabrement incroyable. Les infrastructures ET LES services publics sont quasi inexistants ou en panne.

C’est dans cet environnement politique et économique extrêmement difficile que le jeune mouvement syndical haïtien se développe. Et malgré les défis considérables qu’il doit relever, force est de constater qu’il fait preuve d’une grande détermination à rester bien vivant.

Pourtant, l’absence de centrales syndicales et de personnes-ressources compétentes l’empêche de s’épanouir comme il se doit. Devant ce constat, et surtout par respect pour le courage et la détermination des syndicalistes haïtiens, nous nous devons de les accompagner dans leur lutte.

Au-delà de la désolation…
Aujourd’hui plus que jamais, les syndicats haïtiens ont besoin de notre soutien pour continuer la lutte vers une société de justice et de respect des droits humains. C’est dans cet esprit que la FTQ, conjointement avec plusieurs de ses syndicats affiliés (SCEP, STTP, TCA) ainsi qu’avec le Plan Nagua, une ONG de Québec, poursuit le projet de renforcement du mouvement syndical haïtien.

C’est en 2002, à la suite d’une analyse de la situation, que les partenaires québécois décident de donner une nouvelle dimension au projet en déléguant deux personnes en Haïti pour une période de six mois. Leur mandat consistait à évaluer les besoins organisationnels et à établir un dialogue entre les divers partenaires avec lesquels la FTQ avait déjà collaboré. L’un des premiers objectifs de la mission consistait à apporter un meilleur soutien technique au programme de formation déjà en place et à assurer un encadrement répondant aux besoins des membres des syndicats.

L’espoir
C’est ainsi que Robert Groulx, vice-président de la section locale 84Q du SCEP et Odette Gagnon, son ex-présidente, relèvent le défi entre octobre 2002 et avril 2003. Pendant ces 6 mois, ils ont travaillé sur le terrain à identifier les syndicats «réels». Certaines organisations prétendent être des confédérations nationales. Après évaluation, on se rend compte qu’elles sont composées de dirigeants autoproclamés et sans membre à la base. C’est en établissant de solides liens de confiance qu’il a été permis de mieux comprendre les difficultés et de connaître les besoins pour éventuellement en arriver à assurer un suivi solide.

Comme le mentionne le confrère Robert Groulx, «…nous avons formé, encadré et soutenu les hommes et les femmes qui dirigent ces syndicats. De plus, l’attention accordée à la formation des membres de la base a eu pour effet de les amener à réaliser l’importance de se regrouper et de prendre conscience que la force de la solidarité syndicale, lorsque bien utilisée, est source de changement. Il est réjouissant de constater que la formation reçue est mise en application.»

Un retour
Une courte mission de deux semaines a de nouveau eu lieu en juillet dernier pour réévaluer le projet, après le départ du président Aristide. « Ces syndicalistes ont beaucoup de courage et de volonté. À nous de leur apporter le soutien technique et financier adéquat, avec l’espoir qu’un jour nous les verrons voler de leurs propres ailes. Comme Rome ne s’est pas bâtie en un jour, il faut donner au mouvement syndical haïtien le temps nécessaire», conclut la consœur Gagnon.