La FTQ annonce une mobilisation d'envergure sur la sous-traitance et l'article 45 du Code du travail

Le président de la FTQ, M. Henri Massé.

Le président de la FTQ, M. Henri Massé.

Montréal, le 15 septembre 2003 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) avertit le gouvernement Charest qu’il fera face à une mobilisation d’envergure s’il s’avise d’ouvrir l’article 45 du Code du travail qui civilise le transfert des conditions de travail en cas de cession totale ou partielle des activités d’une entreprise ou d’une administration publique.

« L’article 45 du code fait partie d’un ensemble de mesures qui ont grandement contribué à établir une certaine paix sociale dans les milieux de travail. C’est cette même paix sociale qui est directement menacée par les propos tenus hier par le premier ministre Charest.

« La FTQ ne restera pas les bras croisés pendant qu’on menace les conditions de travail non seulement de ses membres mais de milliers de travailleuses et de travailleurs à l’emploi de PME », a indiqué le président de la FTQ, M. Henri Massé.

« Pourquoi, encore une fois, chercher à défaire quelque chose qui fonctionne bien? L’article 45 n’a jamais empêché le recours à la sous-traitance, bien au contraire. Il se fait plus de sous-traitance au Québec que partout au Canada. Nous sommes bien placés pour le savoir à la FTQ car nous représentons les salariés de bon nombre de ces sous-traitants », a fait savoir le président de la FTQ.

« Plus troublant encore, c’est le fait que les libéraux étaient présents au moment des travaux récents pour réformer le Code du travail qui datait de 1964. Et c’est seulement aujourd’hui qu’ils sortent de leur chapeau une modification majeure qui risque de provoquer une levée de boucliers généralisée et des désordres sociaux majeurs.

« L’annonce de modifications à l’article 45 procède clairement d’une démarche idéologique et n’a aucun fondement dans l’amélioration des relations de travail ou la compétitivité des entreprises ou des administrations publiques. Nous allons nous y opposer avec la plus grande vigueur », a ajouté M. Massé.

« Encore récemment l’exemple des travailleurs de Bombardier qui sont passés du jour au lendemain de salaires de 19 dollars de l’heure à 8 dollars de l’heure nous a rappelé les dangers d’un nivellement par le bas des conditions de travail. Ces travailleurs vivent aujourd’hui des drames sociaux, économiques et humains.

« Dans le cas de Bombardier, l’entreprise sous-traitante a décrété un lock-out des employés de cafétérias pour se soustraire à l’obligation de respecter les conditions de travail antérieures. Et les employés ont déclenché la grève pour les faire respecter.

« Avec ce que propose le gouvernement Charest, la dégradation des conditions de travail deviendrait automatique et généralisée, sans aucun recours pour les travailleurs. C’est tout à fait inacceptable », a conclu M. Massé.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus d’un demi-million de membres.