La formation continue

Avec la rapidité des changements qui interviennent dans les milieux de travail, la formation continue en emploi devient donc une revendication syndicale de plus en plus incontournable. D’une part, parce qu’elle permet de protéger les emplois et d’autre part, parce qu’elle augmente la mobilité de nos membres en cas d’imprévu, de perte d’emploi. La formation en emploi soutient aussi d’autres objectifs syndicaux. Lorsqu’elle est axée sur les besoins des travailleurs et des travailleuses, elle leur donne davantage de contrôle sur leur travail et sur leur environnement de travail.

Depuis l’adoption de la Loi favorisant le développement de la formation de la main-d’œuvre (loi 90) en 1995, les employeurs ont l’obligation d’investir dans la formation de leur main-d’œuvre. Nous devons nous assurer que nos membres profitent véritablement de l’investissement en formation et qu’elle réponde adéquatement à leurs besoins. Pour ce faire, nous devons négocier la mise en place d’un comité paritaire de formation disposant d’un mandat large pour tout ce qui concerne l’organisation de la formation.

Mais la loi 90 a des limites. Si elle oblige les employeurs à investir en formation, elle ne les oblige cependant pas à répondre aux besoins de l’ensemble de leur personnel. Dans bon nombre d’entreprises, la formation est réservée aux cadres ainsi qu’au personnel professionnel ou technique. Les personnes les moins scolarisées n’en profitent pas, ce qui les fragilise encore davantage lors de changements ou de difficultés dans le milieu de travail.

Ce constat a amené la Commission des partenaires du marché du travail à accorder une priorité aux projets de formation visant l’amélioration des compétences de base des personnes généralement peu touchées par la formation, pour l’utilisation des sommes disponibles dans le Fonds national de formation. Il est aussi possible de présenter des projets axés sur l’évaluation des besoins de formation des membres, la conception de matériel pédagogique adapté à certaines clientèles telles les personnes handicapées ou les personnes immigrantes ou encore des activités de promotion de la formation.

Subventions disponibles pour des projets de formation

La FTQ invite les syndicats locaux à présenter des projets au Fonds national de formation pour leurs membres généralement peu touchés par les activités de formation, et ce, sur une base syndicale ou sur une base conjointe avec l’employeur

Évaluation de l’impact de la loi 90

La FTQ doit faire les représentations nécessaires pour que l’esprit de la loi soit respecté et que la formation s’adresse à l’ensemble de la main-d’œuvre des entreprises. De plus, l’impact de la loi devant être évalué en l’an 2000, la FTQ doit s’assurer que cette évaluation permette de préciser auprès de qui s’est fait l’investissement en formation, la qualité des formations dispensées et l’impact sur l’amélioration des compétences du personnel. Pour ce faire, la FTQ doit être alimentée tant par les syndicats locaux que par les comités sectoriels de main-d’œuvre. Les syndicats locaux sont donc invités à évaluer les programmes de formation de leurs entreprises et à transmettre à la FTQ leurs recommandations pour améliorer la loi.