« La déréglementation de la construction n'est pas la solution magique à la crise du logement » – Henri Massé, président de la FTQ

Henri Massé, président de la FTQ <i>(Photo archive)

Henri Massé, président de la FTQ (Photo archive)

Montréal, le 27 juin 2002 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) juge tout à fait irresponsables les pseudo-solutions avancées par l’Institut économique de Montréal, reprises en partie par Mario Dumont, quant à une déréglementation de l’industrie de la construction pour solutionner la crise du logement. La FTQ condamne tout autant la proposition de démantèlement de la Régie du logement.

Des solutions simplistes

« La déréglementation devient de plus en plus le credo de personnes qui n’ont rien d’autre à offrir comme solutions durables à des problèmes connus depuis fort longtemps.

« Les années de désengagement du gouvernement fédéral dans la construction de logements sociaux ne pourront se rattraper par un coup de baguette magique ou par des solutions simplistes », estime M. Henri Massé, président de la FTQ.

Le discours d’une certaine droite populiste

« Tenter de faire croire à la population que la solution réside ailleurs que dans l’injection massive de fonds pour l’accroissement du parc de logements sociaux, ou la mise en place de mesures fiscales d’encouragement à la construction ou à la rénovation de logements sans déplacement des locataires en place, c’est orienter les gens sur de fausses pistes.

« Et quand les mêmes personnes prônent une libéralisation totale de la fixation des loyers en amputant la Régie du logement de ses pouvoirs, on n’a pas à réfléchir longtemps pour savoir d’où émane ce discours, d’une certaine droite populiste qui ne parle surtout pas des conséquences dévastatrices d’un tel laisser-faire sur le coût des loyers à Toronto ou Vancouver », a ajouté le président de la FTQ.

La déréglementation n’a jamais baissé les coûts de construction

« Nous avons connu plus d’un an de déréglementation dans la construction résidentielle, dans le logement multiple, et ça n’a jamais fait baisser les coûts de construction.

« Au contraire, dans des marchés déréglementés comme Toronto et Vancouver, les coûts de construction sont beaucoup plus importants qu’à Montréal avec pour résultats que les résidences ou les logements sont inabordables », a repris pour sa part M. Jean Lavallée, président du Conseil conjoint de la construction et vice-président de la FTQ.

Macro-économie ou Macro-démagogie?

« Lorsque l’Institut économique de Montréal prône le laisser-aller des lois du marché comme panacée aux problèmes de logement dans la métropole, elle ne verse pas dans la macro-économie mais dans la macro-démagogie.

« C’est clair qu’une telle approche règlerait la crise, non pas en permettant à tous de se loger à coût abordable, mais en forçant un exode des locataires comme Vancouver et Toronto l’ont vécu et le vivent encore aujourd’hui », a fait savoir Henri Massé.

Des actions concrètes sont nécessaires, pas des déclarations opportunistes

« Des efforts importants ont été amorcés récemment, notamment par le déblocage de fonds annoncé conjointement par le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral pour le logement social.

« La question a également fait l’objet de sérieuses discussions au dernier Sommet de Montréal. Nous savons tous fort bien que la crise engendrée par la pénurie de logements à prix abordable ne pourra se résorber à court terme. Des mesures transitoires sont nécessaires et des personnes sont actuellement à les mettre en place.

« Outre l’injection de fonds dans le logement social, il faut faire preuve d’innovation dans la mise en place de programmes fiscaux incitant à la rénovation tout en évitant que ces mesures ne rendent les loyers rénovés inabordables. Différentes avenues doivent être explorées en ce sens.

« Aussi nous devons nous garder de faire des déclarations opportunistes alors que ce sont des actions concrètes qui sont nécessaires aujourd’hui pour éviter que des gens se retrouvent à la rue dans les jours et les semaines à venir », a conclu Henri Massé.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente près d’un demi-million de membres.