La controverse s'intensifie autour des opérations de La Baie d'Hudson en Afrique

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La coalition canadienne de défense des droits des travailleurs dans les pays en voie de développement, l’ETAG , vient de rendre public son rapport d’enquête sur les conditions de travail prévalant dans les usines sous-traitantes de l’entreprise La Baie au Lesotho, en Afrique.

Cette enquête, commandée par le groupe ETAG et menée par un centre de recherche sud-africain, le Trade Union Research Project (TURP), vient confirmer les nombreuses allégations prévalant sur les violations des droits des travailleurs dans plusieurs usines au Lesotho. Le rapport fait état, entre autres, de violations de la liberté d’association (renvoi de leaders syndicaux), de longues semaines de travail (75 heures/semaine), violation des normes de santé et sécurité, recours au harcèlement physique et verbal, etc.

D’après un communiqué émis par l’ETAG le 1er mars dernier, La Baie s’était engagée auprès de cette coalition à enquêter sur les allégations de violations des droits des travailleurs chez ses sous-traitants à Lesotho et à faire connaître ses solutions en vue d’améliorer les conditions de travail. Or, selon ETAG, l’entreprise aurait décidé de ne pas rendre disponible son rapport d’enquête aux investisseurs et serait tentée de mettre fin à ses contrats d’achat auprès de ses sous-traitants actuels au Lesotho. Toujours selon ETAG, l’entreprise aurait aussi refusé de rencontrer les intervenants locaux, à savoir le syndicat Lesotho Clothing and Allied Workers ainsi que des ONG, au cours de son enquête dans les usines.

Au mois de septembre dernier, un premier rapport effectué par deux centres de recherche, dont un financé par la commission européenne, avait fait état de nombreuses violations des droits des travailleurs dans une usine sous-traitante de La Baie. Un second rapport, cette fois publié par le Département du travail de Lesotho, venait à son tour confirmer les violations relevées dans le premier rapport.

Une proposition d’actionnaires visant La Baie a d’ailleurs été déposée au mois de décembre dernier en vue de l’assemblée des actionnaires qui se tiendra en mai 2002; elle demandait à l’entreprise de respecter les normes fondamentales de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de se doter d’un système de vérification indépendant. Dans cette proposition, les actionnaires font état du rapport publié par le Département du travail de Lesotho et des implications financières négatives de telles révélations pour les investisseurs.

Sherazad Adib
Source : Maquila solidarity Network, 01/03/02, www.maquilasolidarity.org