La chasse aux chômeurs est ouverte

Texte paru en mars 2013 dans la brochure Les conservateurs aux pouvoir – Coupure idéologique, pour les droits de la coalition Pas de démocratie sans voix.

La réforme de l’assurance-emploi, annoncée lors du budget de mars 2012 et entrée en vigueur le 6 janvier 2013, vise à :

  • Mettre fin aux mesures d’aide aux régions à haut taux de chômage, tel que le projet-pilote accordant cinq semaines de prestations supplémentaires ;
  • Introduire une nouvelle méthode du gain admissible, abolissant de facto le plancher auquel les gens avaient droit (40 % du taux de prestations) ;
  • Redéfinir la notion de l’emploi convenable, en catégorisant les chômeurs en trois classes distinctes : travailleurs de longue date, prestataires fréquents et prestataires occasionnels. Tous ne disposent plus des mêmes droits ;
  • Abolir les tribunaux administratifs afin de les remplacer par une nouvelle structure beaucoup moins accessible, qui siégera dans peu de villes, le plus possible par vidéoconférences. Celle-ci disposera de nombreux pouvoirs discrétionnaires, dont celui de rejeter sommairement un appel, sans compter d’autres obstacles procéduriers.

Le cœur de cette réforme cible :

  • Lesdits « prestataires fréquents », constitués à près de 80 %, des travailleuses et travailleurs de l’industrie saisonnière, dont 40 % au Québec et 27 % dans les Maritimes ;
  • Tous les travailleurs contractuels et à statut temporaire.

Dorénavant, ces prestataires devront :

  • Accepter un salaire jusqu’à 70 % de leur salaire habituel ;
  • Occuper à peu près n’importe quel type emploi ;
  • Se déplacer, parfois sur de grandes distances, pour occuper cet emploi.

Le gouvernement conservateur s’est engagé dans une formidable opération comptable qui ne vise qu’une chose : couper les prestations à ceux qui refuseraient ces conditions, qui s’attaquent à la dignité des personnes. Plus encore, prétextant la lutte aux fraudeurs, les fonctionnaires doivent atteindre des quotas de prestations à couper aux personnes en chômage.

Ce gouvernement :

  • Ne participe aucunement au financement de l’assurance-emploi ;
  • S’arroge l’exclusivité de la définition et de la gestion de ce régime ;
  • Déchire le contrat social sur lequel reposait ce programme ;
  • S’apprête à se réapproprier les nouveaux surplus de la caisse.

La déstabilisation de l’économie régionale que va entraîner cette réforme aura un impact majeur sur le niveau de vie des personnes. Elle va accentuer les disparités entre les personnes vivant dans une même région ou entre les régions. À moyen terme, elle pourrait avoir comme effet d’aggraver la situation économique et d’accentuer la dévitalisation dans plusieurs régions, bouchant ainsi l’espoir de milliers de personnes d’une vie meilleure chez eux.

Télécharger la brochure de la coalition Pas de démocratie sans voix.
Consulter la page de la coalition Pas de démocratie sans voix.