Journée internationale des travailleuses domestiques

16 juin 2014

« Les projets de loi sur le travail domestique se succèdent au rythme de changement des gouvernements, mais il n’y a toujours rien de concret. Le nouveau gouvernement Couillard a une belle occasion de jouer un rôle de chef de file; nous lui demandons de déposer rapidement un projet de loi. » — Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ

Montréal, le 16 juin 2014. – Le 16 juin 2014 marque le troisième anniversaire de l’adoption de la Convention 189 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur le travail décent pour les travailleuses et travailleurs domestiques. La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) tient à rappeler que si le Canada s’est engagé publiquement à ratifier cette convention, rien n’a été encore fait, pas plus que dans les provinces.

Pour Louise Mercier, vice-présidente représentant les femmes de la FTQ et responsable au dossier, «l’immobilisme gouvernemental, en clair, c’est laisser libre cours aux accidents de travail et aux maladies professionnelles, aux agressions et au harcèlement. La moindre des choses serait de leur assurer le droit à la santé et à la sécurité du travail, pour mettre fin à la discrimination dont ces travailleuses sont victimes.

«Et, c’est encore pire pour les aides familiales qui sont régies par le programme fédéral des aides familiales résidantes. Obligées de résider chez leur employeur, elles sont plus vulnérables, elles craignent de déposer une plainte en cas d’abus (et ils sont nombreux), de perdre leur emploi et de se faire expulser du pays. Elles ont un permis de travail fermé qui les confine à un seul employeur.»

Action gouvernementale : urgence !

Le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux, renchérit : «Depuis 2010, les projets de loi sur le travail domestique se succèdent au rythme de changement des gouvernements, mais au bout de cinq ans, on est toujours devant rien.

«Le nouveau gouvernement du Québec a une belle occasion d’être le premier à poser un geste concret et à lancer un signal clair selon lequel l’égalité entre les hommes et les femmes est un principe important au Québec. Un nouveau projet de loi s’impose, non discriminatoire, assurant que la Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles s’applique aussi aux travailleuses domestiques.

«De la même manière, conclut le dirigeant syndical, le gouvernement Couillard devrait saisir l’occasion et faire pression sur le fédéral pour qu’il ratifie la Convention 189 et qu’il modifie son programme d’aides résidantes afin d’assurer à ces dernières une pleine liberté de circulation et la possibilité de changer d’employeur.»

Une réalité inquiétante…

  • On estime à 53 millions le nombre de travailleuses domestiques dans le monde, dont environ 25 000 au Québec et 150 000 au Canada.
  • Plus de 90 % du travail domestique est occupé par des femmes.
  • Les aides domestiques résidant chez leur employeur n’ont souvent pas droit au salaire minimum et leur employeur bafoue très souvent la Loi sur les normes du travail.
  • Elles sont alors soumises à des conditions inacceptables (aucune intimité, conditions insalubres, mauvaise alimentation, heures supplémentaires obligatoires, soumission à l’employeur).

… mais encourageante

  • Depuis 2011, une quinzaine de pays ont ratifié la Convention 189 et de nouveaux syndicats ont été créés dans plusieurs pays afin de défendre et de soutenir les travailleuses domestiques.
  • Le Brésil a voté, en mars 2013, un amendement constitutionnel accordant aux travailleuses domestiques la journée de 8 heures, le droit au paiement des heures supplémentaires, le droit à la pension et à l’assurance-chômage.
  • L’Espagne a reconnu, depuis novembre 2011, le droit au salaire minimum, au congé hebdomadaire, aux vacances annuelles, au congé de maternité…
  • Le Venezuela a légiféré, en 2012, pour une semaine de travail de 40 heures, à deux jours de congé hebdomadaire, à des congés payés et à un salaire minimum.

Rappelons que l’Union des employés et employées de service, section locale 800 (UES-800), affiliée à la FTQ, a conclu une entente de solidarité avec l’Association des aides familiales du Québec. «Pour notre organisation, il est important d’offrir le soutien syndical indispensable pour la défense des droits des travailleuses et travailleurs domestiques», a déclaré le président de l’UES-800, Raymond Larcher.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.