Journée internationale de commémoration — « Le gouvernement doit saisir l'occasion d'envoyer un message positif aux travailleurs en matière de prévention » — Henri Massé, président de la FTQ

Montréal, le 28 avril 2004 — En ce 20e anniversaire de la Journée internationale de commémoration des travailleurs morts ou blessés au travail, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) presse le gouvernement de Jean Charest d’adopter un calendrier avec un échéancier réaliste pour l’application à tous les secteurs d’activité et tous les milieux de travail des mécanismes de prévention prévus dans la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Le gouvernement pourrait s’inspirer à ce chapitre du calendrier d’application de la Loi sur l’équité salariale.

Un signal positif aux victimes et aux familles

« Alors que 80 % des salariés québécois ne sont toujours pas pleinement protégés par la loi et qu’on déplore, pour 2003, 175 décès reliés au travail, il nous semble que ce serait un signal positif à envoyer aux milliers de travailleurs victimes d’accidents du travail ou aux familles des personnes décédées. Leurs décès n’auront pas été vains », a expliqué le président de la FTQ, M. Henri Massé, à l’occasion d’une conférence de presse.

Le président de la centrale syndicale était accompagné de deux des trois vice-présidents de la FTQ qui siègent à ses côtés au conseil d’administration de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) : Michel Arsenault, directeur québécois du Syndicat des Métallos et Pierre Dupuis, directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique. Richard Goyette, directeur général adjoint du Conseil conjoint de la construction (FTQ) participait également à la conférence de presse.

Une mesure économiquement et socialement rentable

« À ceux qui seraient tentés d’opposer des arguments économiques à la mise en place d’un tel calendrier d’application, nous leur demandons de mettre de côté toute approche à courte vue et de considérer l’ensemble des coûts sociaux et économiques reliés aux accidents du travail et aux décès reliés au travail. Ils se rendraient compte très rapidement de la rentabilité, tant sociale qu’économique, de notre approche », a ajouté le président de la FTQ.

« L’annonce que le gouvernement, 25 ans après l’adoption de la loi, décide enfin de la mise en place partout des programmes de prévention, des comités paritaires et des ressources en prévention prévus par la loi enverrait un message clair quant au sérieux du gouvernement à nos membres dans la construction, le commerce, le transport, la manutention, le papier, le textile et des autres secteurs où la loi ne s’applique pas encore.

« Une telle annonce assortie d’un échéancier d’application enverrait également un message aux employeurs qui rognent sur la qualité des équipements ou tournent les coins ronds sur les mesures de sécurité tout en accélérant les cadences de travail », a fait savoir pour sa part Pierre Dupuis.

Le côté sombre du boom dans la construction

« Dans l’industrie de la construction, plus particulièrement, le boom qu’on y connaît depuis quelques années a son pendant négatif au chapitre des accidents et des décès. On y dénombrait pour 2003 quelque 8 447 accidents du travail dont 17 ont été mortels et 253 cas de maladies professionnelles dont 18 ont été mortels.

« Des échéanciers serrés, de jeunes travailleurs inexpérimentés et l’absence dans plusieurs milieux de travail de mécanismes de prévention constituent les éléments d’un cocktail explosif qui fait que la construction, alors qu’elle ne regroupe que 4 % de la main-d’œuvre active déplore 14 % du total des décès », a rappelé Richard Goyette.

Le Québec toujours à la traîne sur le reste du Canada

« Bien qu’à l’échelle pancanadienne on déplore 953 décès reliés au travail en 2003, le Québec demeure toujours à la traîne aujourd’hui au plan du dispositif législatif et réglementaire sur les mécanismes de prévention comme le rappelait une étude du professeur Marcel Simard de l’École des relations industrielles de l’Université de Montréal.

« Rappelons que le Québec était considéré à l’avant-garde sur la plupart des provinces canadiennes au moment de l’adoption de la loi en 1979 », a souligné Michel Arsenault tout en rappelant la volonté affirmée du gouvernement de se mettre au diapason avec le reste du Canada dans un certain nombre de domaines.

« Nous souhaitons vivement que le gouvernement considère cet appel pressant avec tout le sérieux que mérite la mémoire des centaines de travailleuses et travailleurs décédés annuellement au travail depuis plus de 20 ans », a conclu le président de la FTQ.