Journée de réflexion sur la francisation des milieux de travail : « Sans soutien, la francisation des milieux de travail perd du terrain » - René Roy, secrétaire général de la FTQ

Ouverture de la journée de réflexion FTQ sur la francisation par René Roy, secrétaire général de la FTQ

Ouverture de la journée de réflexion FTQ sur la francisation par René Roy, secrétaire général de la FTQ

Montréal, le 15 mars 2002 – Le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy, a réclamé ce matin que l’organisme suggéré par la Commission des États généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec pour l’application de la Charte fournisse l’aide-conseil et les ressources financières suffisantes pour que tous les acteurs du processus de francisation des entreprises, y compris les grandes organisations syndicales, puissent assumer pleinement leur rôle.

Des résultats concluants

« Sans soutien, la francisation perd du terrain. Quand le soutien y est, même les entreprises les plus rébarbatives prennent résolument le chemin de la francisation. On en veut pour preuve les résultats concluants des comités de francisation du secteur de l’aéronautique et de l’aérospatiale qui bénéficient, à la fois, du soutien concret de leur syndicat local, de celui de l’Office et de la FTQ », a souligné le secrétaire général de la FTQ.

Rappelons que selon les chiffres de l’Office de la langue française, seulement 6 % des comités de francisation sont actifs alors que, pour 118 moyennes et grandes entreprises, le processus de francisation n’est pas en règle. Par ailleurs, sept entreprises ont vu leur attestation d’application d’un programme de francisation suspendue ou faire l’objet d’un avis de suspension.

La francisation, un projet en chantier

« La francisation des milieux de travail, malgré des progrès substantiels, demeure un projet en chantier qu’il faut compléter et surtout maintenir. Les nouvelles réalités du monde du travail nous conduisent à ne pas cesser de réfléchir sur notre rôle et notre mandat en tant que partenaires de la francisation et aussi à évaluer les moyens dont nous disposons pour que nos actions répondent efficacement aux besoins observés », a indiqué M. Roy aux représentants des comités de francisation de la FTQ réunis à Montréal.

Le rôle capital des comités de francisation

« Si le militantisme syndical s’est moins exercé en matière de francisation que dans d’autres dossiers, c’est que la participation ne s’improvise pas. Elle demande préparation, suivi et encadrement.

« À l’heure où le gouvernement s’apprête à proposer une nouvelle stratégie pour la francisation des milieux de travail, dans laquelle le comité de francisation aura un rôle capital à jouer, nous devons, en tant que partenaire important, exiger un meilleur soutien pour assumer ce rôle », a ajouté M. Roy.

Encore beaucoup de pain sur la planche

« Il ne faut surtout pas nous asseoir sur nos lauriers. Le ministère des Relations avec les citoyens et de l’immigration estime à environ 100 000 le nombre d’individus qui n’ont pas encore appris le français dans la seule région métropolitaine de Montréal.

« Bon nombre de ces personnes sont en situation de travail et il nous faut les rejoindre, leur offrir des cours de français en milieu de travail, par exemple, comme ça se fait dans plusieurs de nos syndicats », a mentionné le dirigeant syndical.

Des outils à la hauteur des défis

« Ce n’est pas la première fois qu’à la suite des rapports résultant de consultations publiques ou de groupes de travail mis sur pied par les gouvernements, l’on veuille insuffler un nouveau dynamisme au projet de francisation des entreprises.

« Mais c’est la première fois que l’on souligne avec autant d’insistance l’importance de fournir aux membres des comités de francisation l’appui nécessaire en temps et en ressources pour s’acquitter correctement de leur mandat et avoir pleine liberté de s’en acquitter. Il reste à espérer que les outils promis seront à la hauteur des défis », a conclu le secrétaire général de la FTQ.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.