Investir dans le soutien à domicile : ÇA URGE !

Les porte-parole de la Coalition Solidarité-Santé lors de la conférence de presse : Marc Laviolette, président de la CSN; Marie Pelchat, présidente de la coalition; Henri Massé, président de la FTQ; Monique Richard, présidente de la CSQ.

Les porte-parole de la Coalition Solidarité-Santé lors de la conférence de presse : Marc Laviolette, président de la CSN; Marie Pelchat, présidente de la coalition; Henri Massé, président de la FTQ; Monique Richard, présidente de la CSQ.

Le 20 janvier, lors d’une conférence de presse, la Coalition Solidarité-Santé, à laquelle participe la FTQ, a lancé un appel pressant au gouvernement du Québec pour qu’il concrétise son engagement d’injecter 300 millions $ dans le soutien à domicile.

Les familles, les CLSC, les organismes communautaires, les syndicats, même le Vérificateur général ont déjà sonné l’alarme. Les besoins sont pressants. Il faut plus d’argent pour aider les personnes âgées à vivre le plus longtemps possible de façon autonome et dans la dignité.

Le Québec à la queue
Selon les chiffres de 1999 -2000, le Québec est la province qui investit le moins dans les services de soutien à domicile, soit 66 $ per capita contre une moyenne de 83 $ au Canada, 92 $ en Ontario et 129 $ au Manitoba.

Le Vérificateur général du Québec, dans son dernier rapport annuel, note que la contribution des proches et des familles se chiffre à 4 milliards $ alors que les budgets de l’ensemble des CLSC pour les services à domicile pour les personnes âgées n’atteint pas 300 millions $. Ainsi, les familles, et majoritairement les femmes, sont de plus en plus sollicitées pour pallier les lacunes du système.

Une vraie loterie
Pour Henri Massé, président de la FTQ, on ne peut accepter que seulement 65 % des personnes en perte d’autonomie puissent recevoir des services à domicile en 2002, comme ce sera le cas dans la région de Montréal. «Ça veut dire que 20 000 personnes âgées seront laissées à elles-mêmes, comme le prévoit le plan de la Régie régionale de Montréal. C’est carrément indécent !»

À l’échelle du Québec, plus d’un million de personnes sont touchées par des incapacités. «Nous ne pouvons pas laisser aller la situation, dit Henri Massé. On en mesure les conséquences dans les urgences des hôpitaux. Il faut de la prévention, du dépistage. Le gouvernement ne peut pas attendre une paralysie du système de santé public avant de réagir. On parle de personnes en chair et en os, non pas de statistiques ou de marchandises. On parle de nos parents, de nos grands-parents, de personnes qui ont contribué d’une façon ou d’une autre à l’essor de notre société. Elles n’ont pas à être ballottées dans la loterie de ceux qui auront la chance d’obtenir dix minutes de services à domicile par semaine.»

Les membres de la coalition ont rappelé que le rapport Anctil, jamais rendu public, a clairement établi qu’avec des soins à domicile adéquats, l’État peut épargner jusqu’à 60 % des coûts qu’il assumerait en centres d’accueil et en soins hospitaliers. Une bonne façon d’assurer la viabilité à long terme de notre système public de santé.

La Coalition Solidarité-Santé regroupe une quarantaine d’organismes dont les grandes centrales syndicales, plusieurs syndicats dont le Syndicat des employées et employés de service (SQEES-298) et le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affiliés à la FTQ, des associations de défense des droits et de nombreux regroupements communautaires de toutes les régions du Québec.