« Informer, consulter et restaurer la confiance des citoyens dans un développement minier responsable sont des incontournables » – Michel Arsenault, président de la FTQ

Modernisation de la Loi sur les mines

Québec, le 24 août 2010 – C’est un véritable plaidoyer en faveur du vivre ensemble et du développement durable qu’ont livré le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Michel Arsenault, et le directeur québécois des Métallos, Daniel Roy, devant la Commission de l’agriculture, de l’énergie et des ressources naturelles sur le projet de loi 79 modifiant la Loi sur les mines.

Pour un développement minier durable

« L’industrie minière traîne toujours derrière elle une image de pollueur, de citoyen corporatif qui se place au-dessus des lois, de resquilleur pour qui le profit à court terme autorise toutes les dérives. Pour être sur le terrain, nous savons que cette réalité a changé.

Mais encore faut-il qu’elle se traduise concrètement dans une loi qui consacre et encadre un développement minier durable, respectueux de l’environnement et des communautés, et mutuellement enrichissant, certes pour les entreprises, mais aussi pour l’ensemble des Québécois et Québécoises », a fait valoir le président de la FTQ devant les parlementaires
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Consultation et transparence

Le directeur québécois des Métallos, Daniel Roy, a insisté pour sa part sur la nécessité incontournable de consultations publiques sur l’acceptabilité tant sociale qu’environnementale des projets miniers et sur l’imputabilité des minières dans le processus de restauration des sites.

« Les citoyens du Québec sont de plus en plus conscientisés sur les questions environnementales et sur un processus transparent dans le cheminement des projets miniers », a indiqué le directeur québécois des Métallos.

« Une plus grande transparence est donc de mise. Le dialogue est le meilleur des terrains pour en arriver à une saine convergence des intérêts. Une obligation de consultation publique permettra, croyons-nous, d’améliorer les projets pour qu’ils soient plus respectueux de l’environnement et des communautés. Voilà qui évitera sans doute certains braquages », peut-on lire dans le mémoire déposé par la FTQ.

Un grand absent

Dans la même veine, la centrale syndicale questionne l’absence des Commissions régionales des ressources naturelles et du territoire (CRRNT) du projet de loi 79. « Elles sont évacuées du processus de consultation qu’on leur a dévolu dans les dispositions modificatrices de la loi 57. Les ressources minérales sont pourtant mentionnées dans leur giron de compétence », ont rappelé les dirigeants syndicaux.

Des redevances corporatives

Au chapitre des redevances, la FTQ se dit inquiète de la révision de la méthode de calcul, qui tiendra compte des bénéfices mine par mine plutôt que de façon corporative. Une baisse de prix pourrait entraîner des pertes dans une mine spécifique, pertes qui ne pourraient être déduites des profits générés dans une autre mine de la même corporation.

Enfin, pour la FTQ, « Il apparaît important d’inciter concrètement les minières à développer davantage la deuxième et troisième transformation au Québec. Alors que la Côte-Nord est un grand producteur de fer, le Québec, tout comme le Canada, continue à importer des poutrelles d’acier. Il y a là quelque chose d’incongru! », rapporte le mémoire syndical.

« Les Québécois et Québécoises sont, et c’est à leur honneur, de plus en plus conscients de l’importance de fonder le développement du Québec sur des bases durables, avec des moyens respectueux tant de l’environnement que des communautés, et insistent pour être partie prenante aux décisions qui peuvent affecter leur avenir et celui des générations à venir », ont conclu Michel Arsenault et Daniel Roy.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres. Le Syndicat des Métallos représente la très grande majorité des travailleurs des secteurs miniers ainsi que de la transformation et de l’usinage des métaux.