Il y a l'histoire

Il n’y a rien de nouveau au projet libéral actuel, sinon que de l’État-Provigo, on tente maintenant de nous faire avaler un État encore plus réduit, l’État-Wallmart. En 1986, dans la foulée de la première vague de l’État-Provigo, le ministre libéral du Commerce extérieur et du Développement technologique, Pierre MacDonald, déclarait vouloir «mener le Québec comme une business». Paul Gobeil pour sa part, alors président du Conseil du trésor, produisait un rapport sur la révision des fonctions et des institutions gouvernementales, dont l’objectif était d’«alléger» la structure gouvernementale pour en accroître «l’efficacité et l’efficience» et mettre un terme à une soi-disant prolifération d’organismes gouvernementaux.

Au même moment, étaient publiés le Rapport Fortier sur la privatisation et le Rapport Scowen sur la déréglementation. Mais les changements proposés se butant à une évidente résistance populaire qu’on aurait dû prévoir, l’essentiel des recommandations de ces rapports a été relégué aux oubliettes.

Quelques années plus tard, à la faveur de la mode alors en vogue aux États-Unis, on a tenté en vain d’introduire le «reengineering» au sein des entreprises québécoises ainsi que des services publics.

Aujourd’hui, on tente de remettre les mêmes projets à l’ordre du jour, mais cette fois-ci, en catimini, dans les corridors du Conseil du trésor et de sa présidente, Monique Jérôme-Forget. Sans même recourir à l’expertise de sa propre fonction publique, «le gouvernement pourrait dépenser jusqu’à 800 000 $ pour se faire conseiller par le secteur privé sur la façon, par exemple, de développer des partenariats… avec le privé !» (Gilbert Leduc, Le Soleil, 7 octobre 2003). On parle d’une quarantaine d’entreprises qui se bousculent au portillon dont SNC-Lavalin, Ernst & Young, Samson-Bélair, etc.

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