« Il faut sortir du 2x4 et du papier journal et développer des nouveaux produits pour assurer des emplois de qualité dans notre région » – Jean-Marc Crevier, conseiller régional FTQ

Journées de réflexion sur l’avenir de l’industrie forestière à Saint-Félicien

Saguenay, le mardi 20 avril 2010. La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) a tenu récemment un important événement à Saint-Félicien, dans la région du Saguenay – Lac-Saint-Jean, concernant l’avenir de l’industrie forestière. Regroupant plus de 40 personnes provenant des différents syndicats de la FTQ et du Fonds de solidarité, ces journées de réflexion ont été l’occasion de rappeler que la forêt est une richesse immense et offre un énorme potentiel de développement, encore largement sous-estimé.

« Réaliser ce potentiel implique que l’on arrête de se contenter de fabriquer des 2×4 et du papier journal et que l’on s’intéresse davantage aux possibilités de développer de nouveaux produits », explique Jean-Marc Crevier, conseiller régional de la FTQ au Saguenay – Lac-Saint-Jean. Le syndicaliste cite en exemple les différentes possibilités de développement de nouveaux produits avec la fibre de bois.

Il existe en effet de nombreuses possibilités de transformer davantage le bois, comme il existe des possibilités de faire de nouveaux produits à partir des installations existantes de pâtes et papiers : nouveaux papiers, mais aussi bioraffinerie et nanotechnologies forestières. Pour la FTQ, il est clair que ce redéploiement des activités permettrait une production à plus haute valeur ajoutée et de nouveaux emplois de bonne qualité. Les installations actuelles sont un atout important pour ces nouvelles productions.

Un comité de travail dans la région

« Mais ceci ne se fera pas tout seul a souligné Jean-Marc Crevier. La FTQ et ses deux conseils régionaux ont ainsi mis sur pied un comité de travail pour promouvoir ces activités et veiller à leur mise en œuvre. « L’exemple de la Société de la Vallée de l’aluminium (SVA) pourrait ici servir d’inspiration » a continué Jean-Marc Crevier, lui-même membre du conseil d’administration de la SVA. « Il nous faudra mettre sur pied dans la région un organisme voué au développement de la transformation et au déploiement des nouvelles productions liées à la forêt » a-t-il poursuivi.

L’appui des pouvoirs publics sera bien sûr essentiel. Celui du Fonds de solidarité est déjà acquis.

L’avenir des territoires

La FTQ, qui participe au Colloque national sur l’avenir des territoires qui se tient ces jours-ci à Shawinigan, prône d’ailleurs les deuxième et troisième transformation des matières premières là où elles sont récoltées, dans une perspective de développement durable et avec le souci de limiter à sa plus simple expression l’empreinte écologique dans le processus de fabrication du produit fini. Pour la FTQ, cette voie est prometteuse dans une perspective d’occupation optimale du territoire tout en favorisant le développement de niches, de créneaux spécifiques à chaque région.

Pour la centrale syndicale, une approche prospective de la formation de la main-d’œuvre en fonction des besoins prévisibles de l’industrie primaire et secondaire à moyen et long terme est également essentielle. « Il ne faudrait pas reproduire les erreurs du passé lorsque nous avons perdu une expertise importante dans le secteur minier quand la conjoncture devenait défavorable à ce secteur. La même erreur risque de se reproduire dans l’industrie forestière », affirme le président de la FTQ, Michel Arsenault.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus de un demi-million de membres.