« Il faut sauver une industrie automobile porteuse d'espoir pour le développement » – Jean-Paul L'Allier, maire de Québec

Québec, le 7 février 2002 – « La fermeture annoncée de GM à Boisbriand dépasse largement les limites de la grande région de Montréal en ce qui concerne les pertes d’emploi et d’expertise. C’est l’industrie automobile au Québec qui serait condamnée.

« C’est dans cette optique que nous saluons l’appui apporté aujourd’hui par le maire de Québec, M. Jean-Paul L’Allier, à la lutte pour la survie de l’usine GM et de l’industrie automobile québécoise en général », a déclaré le président de la FTQ, M. Henri Massé, à l’occasion d’une conférence de presse tenue à l’hôtel de ville de Québec.

« Il ne faut pas oublier que ce sont tous les citoyens du Québec qui ont payé cette usine par leurs taxes et leurs impôts dont le dernier prêt s’élève à hauteur de 220 millions de dollars d’investissements de Québec et d’Ottawa dans les installations de GM à Boisbriand.

« Une entreprise qui a vendu pour 2,6 milliards de véhicules au Québec durant la seule année 2000 devrait, sinon légalement, à tout le moins moralement assumer une certaine responsabilité économique et sociale dans le milieu qui lui a permis de se développer », a ajouté le président de la FTQ.

Plus qu’un symbole, une industrie porteuse d’espoir

« Je suis très sensible à la cause des travailleurs de Boisbriand et ils peuvent compter sur mon appui dans leur campagne pour sauvegarder l’usine GM. General Motors au Québec, c’est plus qu’un symbole. C’est une industrie automobile porteuse d’espoir pour le développement d’entreprises de deuxième et de troisième transformation de matières premières dont le Québec regorge, pour la recherche de pointe dans le secteur des technologies.

« Sur un plan plus personnel, je peux dire que j’ai vu grandir cette usine durant mes années comme député et ministre dans le gouvernement québécois. Nous avons toujours cru dans les possibilités de cette usine, dans son rayonnement économique bien au-delà de la grande région de Montréal. J’ai appris récemment que la productivité des travailleurs de cette usine avait augmenté de 70 % en 10 ans. Cette seule donnée devrait être suffisante pour supporter le maintien des activités à Boisbriand », a indiqué le maire de Québec, M. Jean-Paul L’Allier.

Se serrer les coudes pour préserver un héritage de 37 ans

« Notre tournée amorcée il y a seulement deux semaines a déjà pris une ampleur considérable et l’appui du maire de Québec, avec la stature et la crédibilité qu’on lui connaît, vient en quelque sorte couronner ces deux semaines d’efforts incessants. Les 1 500 travailleurs de GM à Boisbriand et les 10 000 travailleuses et travailleurs dont les emplois dépendent des activités de cette usine lui en sont reconnaissants.

« GM à Boisbriand, c’est plus qu’une usine, c’est un héritage de 37 ans d’expertise, c’est quatre millions de véhicules assemblés chez nous, c’est 80 000 emplois directs et indirects depuis 1965. On ne peut se permettre de perdre ce joyau de l’industrie québécoise et la seule façon d’y parvenir c’est de se serrer les coudes partout au Québec », a souligné pour sa part M. Luc Desnoyers, directeur des TCA-Québec et vice-président de la FTQ.

Déjà près de 700 000 travailleuses et travailleurs appuient notre démarche

« La réponse à notre campagne chez les élus, dans les syndicats et dans les milieux socio-économique et communautaire que nous avons visités a été formidable à ce jour et nous poursuivrons nos efforts tant que nous n’aurons pas la garantie ferme que notre usine poursuivra ses activités après l’automne 2002.

« Il faut comprendre le sentiment d’urgence qui nous anime. Des centaines de travailleurs et leurs familles attendent dans l’anxiété les résultats de cette campagne. Nous n’avons pas le droit de les décevoir. C’est du fond du cœur que je demande aux élus municipaux, provinciaux et fédéraux, à toute la population du Québec de resserrer les rangs pour que GM revienne sur sa décision », a conclu M. Sylvain Demers, président de la section locale 1163 des TCA à Boisbriand.