«Il faut faire le travail politique sur le terrain» Henri Massé

Henri Massé a d’abord remis en contexte l’action du gouvernement du PQ alors qu’un vent de droite souffle sur les Amériques depuis plusieurs années : «Si on se compare à nos voisins au Canada et en Amérique du Nord, en particulier à l’Ontario, je dois vous dire franchement que le bilan du gouvernement péquiste est, somme toute, un bon bilan».

Il a ainsi rappelé que la FTQ avait fait de la syndicalisation le grand enjeu de sa plate-forme politique en 1998 et que nous avons réalisé des gains importants sous le gouvernement actuel : réforme du Code du travail, machinerie de production, reconnaissance des droits des travailleurs du taxi et des camionneurs indépendants. Seul le cas des travailleurs forestiers n’est pas encore réglé.

Protection des acquis
Quant à l’ADQ, Henri Massé a mis les participants et participantes en garde contre le risque réel de démantèlement de plusieurs des acquis résultant des luttes des membres de la FTQ et du mouvement syndical ces 30 dernières années.

«S’il y a des dossiers qui font mal au gouvernement, comme la santé, il faut rejeter carrément les solutions simplistes et dangereuses de l’ADQ dans ce domaine-là». Le président a fait référence aux propositions pour implanter «un système de santé à deux vitesses qui a fait la preuve de son inefficacité et de son caractère coûteux aux États-Unis». Et c’est sans compter l’impact de ces propositions sur nos régimes d’assurances collectives.

Confronter nos membres
Pour Henri Massé, «il y a un certain consensus social qu’il ne faut pas briser au Québec, même les associations patronales le comprennent.» Or, l’ADQ s’attaque à ce consensus et à la politique de présence de la FTQ auprès des gouvernements quels qu’ils soient. Tous les syndicalistes doivent donc «faire le travail politique nécessaire auprès de nos membres, sur le terrain, pour leur expliquer les implications bien concrètes d’une élection de l’ADQ».

Il faut avoir le courage de confronter nos membres et nos militants qui sont pro-ADQ : «En Abitibi, quand nos syndiqués étaient créditistes, moi j’étais pour le PQ au Québec et NPD au fédéral, et j’essayais de les faire changer d’idée. Il faut aller chercher nos membres là où ils sont, discuter, argumenter. Si l’ADQ est à près de 40 % dans les sondages aujourd’hui, il y a certainement une bonne proportion de nos membres qui s’y reconnaissent», dit Henri Massé.

Au sujet du Parti libéral, le président de la FTQ s’est dit heureux de le voir réaligner ses politiques de droite vers le centre : «Je préfère un parti du centre-gauche, mais je préfère encore le centre-droit à la droite radicale.»

En conclusion, il a rappelé l’expérience récente des Français où «la gauche s’est battue elle-même par ses divisions et a fait passer la droite»