« Il faut davantage de moyens : des outils de travail en français et des programmes de formation adéquats » — Daniel Boyer, secrétaire général de la FTQ

Modifications à la Charte de la langue française

Montréal, le 16 avril 2013. ? C’est un plaidoyer vibrant en faveur du droit de travailler en français et de la place des travailleurs et travailleuses au sein des comités de francisation que livre la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) aujourd’hui à la commission parlementaire sur le projet de loi no 14.

Par la voix de son secrétaire général, Daniel Boyer, la FTQ a présenté un mémoire en trois volets : le premier portant sur le droit de travailler en français, le deuxième sur la francisation des milieux de travail et le troisième sur la francisation et l’intégration des personnes immigrantes.

Pour le droit de travailler en français

« Nous sommes heureux de l’attention portée dans le projet de loi sur la langue de travail, notamment en ce qui concerne l’interdiction de toute discrimination ou de harcèlement lié à l’exercice du droit de travailler en français ou de ne pas connaître une autre langue que le français. L’obligation pour l’employeur d’évaluer rigoureusement les besoins linguistiques réels liés à un poste pour lequel il voudrait exiger une autre langue que le français est une bonne chose. Mais pour que ces droits et obligations trouvent une pleine application, il faudrait que la nouvelle loi en garantisse deux modalités, celle du droit à des outils de travail adéquats en français (documents de travail, logiciels…) et celle du droit à une formation en français », a déclaré le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer.

Pour la francisation des milieux de travail

La centrale syndicale demande qu’un effort d’uniformisation et de simplification soit effectué dans le processus de francisation des milieux de travail. L’ensemble des entreprises de 50 employés ou plus, ainsi que les établissements de l’Administration, devraient être dotés de programmes de francisation, de comités de francisation ouverts à la participation des travailleurs et travailleuses, ainsi que d’un mécanisme assurant la permanence de la francisation. Ce travail devrait être arrimé aux politiques linguistiques exigées dans les établissements d’enseignement (collèges et universités) et dans les organismes municipaux.

« Toutefois, nous sommes opposés à la mise sur pied de mécanismes alternatifs aux comités de francisation et demandons la création de comités dans toutes les entreprises de 50 à 99 employés, à l’image de ceux qui existent dans les entreprises de 100 employés et plus. Nous croyons également que l’assujettissement des entreprises de 25 à 49 employés à des programmes allégés devrait être encadré étroitement par l’Office québécois de la langue française. L’Office, d’ailleurs, devrait bénéficier d’un supplément de ressources humaines et financières pour mener à bien son plein mandat », a ajouté Daniel Boyer.

Pour la francisation des personnes immigrantes

Alors que le nombre de personnes immigrantes ne cesse d’augmenter, on assiste à des coupes budgétaires qui empêchent toujours plus la mise sur pied de programmes d’apprentissage du français et c’est là que le bât blesse. « Notre principale demande, à ce sujet, est que le gouvernement adopte des mesures pour que des cours de français puissent être donnés aux personnes immigrantes durant les heures de travail, avec la collaboration des syndicats en place », a conclu le secrétaire général de la FTQ.

Le mémoire de la FTQ contient plusieurs autres demandes. Il est disponible ici.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.