Hôpital Chinois de Montréal - Retour au bercail grâce à la solidarité

Le nouvel exécutif syndical à l’Hôpital Chinois de Montréal

Le nouvel exécutif syndical à l’Hôpital Chinois de Montréal

C’est une équipe syndicale gonflée à bloc mais épuisée – après une première journée de bureau syndical «ouvert» – qui a repris en main les destinées de la section locale 4490 du Syndicat canadien de la fonction publique, le 13 mars dernier. Cette section locale du SCFP, représentant notamment les quelque 155 préposés aux bénéficiaires, infirmières auxiliaires, préposés à l’entretien et le personnel du service alimentaire de l’Hôpital Chinois de Montréal, a fait un détour de près de trois ans à la CSN avant de réintégrer récemment les rangs de la FTQ.

« Ces trois années ont été plutôt démobilisantes. Il faut dire qu’on ne construit rien de bien positif en exacerbant les tensions entre communautés ethniques, en entretenant un faux débat sur la langue de travail, en faisant de fausses promesses », souligne la nouvelle présidente de la section locale 4490, Julda Dorsaint.

Facteurs déterminants
« Mais un petit noyau de militantes et de militants n’a jamais lâché et a reçu un soutien formidable, notamment de Marc Ranger, qui travaillait alors à l’organisation au SCFP. On l’achalait au minimum une fois par semaine, ça nous a permis de tenir le coup », dit en riant la présidente.

Selon les membres du nouvel exécutif rencontrés par Le Monde ouvrier, le manque flagrant de services, les lacunes dans l’information aux membres, l’absence d’arbitrages (seuls deux ou trois griefs ont été réglés à l’amiable) et la faiblesse de la vie syndicale durant ces trois années ont convaincu les membres de se reprendre en main syndicalement. Ils mentionnent également les cotisations syndicales élevées et les primes d’assurance collective très chères comme facteurs déterminants de leur retour au SCFP.

« Il faut avoir quitté le SCFP et la FTQ, même pour une courte période, pour réaliser notamment les avantages d’une assurance-invalidité longue durée entièrement défrayée par l’employeur, comme l’ont négociée les syndicats FTQ dans la santé », avance pour sa part Carmen Landry, vice-présidente à l’exécutif.

Repartir à zéro
« La CSN ne nous a rien laissé, pas un sou dans le compte du syndicat et pas même la cafetière au bureau syndical. Mais nous avons plein d’énergie et beaucoup de membres sont prêts à s’impliquer pour rebâtir le syndicat. C’est clair qu’il va falloir donner beaucoup de formation syndicale aux nouveaux délégués mais la volonté est là, on a pu le constater par le nombre important de personnes qui sont venues nous voir au bureau syndical la première journée. C’était épuisant mais très encourageant en même temps », se souvient Carmen Landry.


Appel à la solidarité du Conseil provincial des affaires sociales (CPAS-SCFP)
Le président nouvellement élu du CPAS, Marcel Girard, et le vice-président pour la région de Montréal, Serge Lalonde, ont tous deux profité de la tenue à Québec du colloque pour la préparation des demandes de négociation collective pour lancer un appel à la solidarité et à l’entraide envers la nouvelle section locale de l’Hôpital Chinois. Des dons d’équipement ont déjà été faits par certaines sections locales.