Henri Massé réagit au projet du ministre Couillard - « Une autre réforme qui tourne en rond »

Henri Massé, président de la FTQ

Henri Massé, président de la FTQ

Montréal, le mardi 11 novembre 2003 – Le président de la FTQ, Henri Massé, ne croit pas aux changements de structures proposés par le ministre de la Santé et des Services sociaux. Après les réformes Lavoie-Roux, Côté, Rochon, il déplore que le nouveau ministre n’ait rien de mieux à proposer. Il estime qu’encore une fois, il s’agit d’un changement de structures qui n’aura, somme toute, qu’un effet démobilisateur pour le personnel de la santé et des services sociaux.

« On peut bien jouer à changer les structures tant qu’on voudra, mais ça ne règlera pas les problèmes, a déclaré le président de la FTQ. Ce ne sont pas les changements de structures administratives qui vont réduire les listes d’attente ou redonner du moral aux troupes. Il faut plus de ressources, plus de services parce que les besoins sont plus grands qu’avant, entre autres, parce que la population vieillit. »

Il ne croit pas non plus à la décentralisation des négociations telle que préconisée dans le projet de loi. « C’est une décentralisation sans moyens. À ce que je sache, les pouvoirs vont toujours être centralisés au Conseil du trésor. On nous dit qu’on veut réduire le nombre d’accréditations syndicales pour être soi-disant plus efficaces. Mais, dans les faits, en décentralisant la négociation au niveau local, on va multiplier le nombre de conventions collectives et les demandes particulières adressées au Conseil du trésor, qui lui seul va détenir les vrais pouvoirs. C’est pourquoi je dis que cette autre réforme tourne en rond. »

Henri Massé s’inquiète aussi de ce qu’il adviendra des CLSC. « La mission sociale des CLSC, les services de première ligne, la prévention, tout ça va être noyé dans le regroupement des services de santé qui, dans les faits, vont être tout simplement transférés aux hôpitaux. On bâtit et on débâtit ensuite. Pour le personnel, c’est démotivant. »

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.