Grève au Club de golf Saint-Laurent : Un retour aux méthodes duplessistes en relations de travail

Québec, le 16 octobre 2001 – Forts de l’appui unanime des délégués au Conseil général de la FTQ, la plus haute instance de la centrale entre les congrès, les quelque 50 grévistes du Club de golf Saint-Laurent de l’Île d’Orléans, membres de la Section locale 800 de l’Union des employées et employés de service (FTQ), comptent poursuivre sans relâche leur bataille essentielle pour tous les syndiqués de ce secteur. Rappelons que la Section locale 800 représente aussi le personnel d’une dizaine de clubs de golf dans la région de Québec, dont celui de Charny qui appartient au même propriétaire que celui de l’Île d’Orléans.

Sexisme larvé dans les relations de travail

« Cet employeur concentre à lui seul tout ce qui peut exister de mesures antisyndicales, anti-travailleurs. Mises à pied arbitraires et recours à la sous-traitance, négation des droits syndicaux, précarisation des emplois pour enlever aux salariés leur droit à l’assurance-chômage, embauche de briseurs de grève, la liste des tactiques patronales dégradantes au Club de golf Saint-Laurent pourrait s’allonger sur plusieurs pages.

« Mais surtout, nous sommes convaincus que M. Murray Couture jr, le propriétaire, se permet d’agir de la sorte parce que la très grande majorité du personnel visé sont des femmes. Nous ne tolérerons jamais cette forme de sexisme larvé dans les relations de travail », a dénoncé M. René Roy, secrétaire général de la FTQ, de passage à Québec dans le cadre de la tournée pré-congrès des dirigeants de la centrale.

En grève depuis le 30 avril dernier, les travailleurs et travailleuses du Club de golf Saint-Laurent sont conscients que leur employeur cherche, en sabrant dans leur convention collective, à établir une norme qui pourrait s’étendre à l’ensemble des salariés des terrains de golf de la région, en majorité des femmes.

Non aux attaques à l’intégrité du syndicat

« C’est une grève exemplaire contre l’arbitraire le plus total dans les relations de travail que mènent ces 50 femmes et hommes depuis maintenant près de six mois. Nous allons mettre toutes nos ressources et nos énergies pour les supporter jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à ce que leur employeur retire ses demandes de recul sur les bénéfices et les droits des salariés, jusqu’à ce qu’il retire ses attaques à l’intégrité même du syndicat », a soutenu pour sa part M. Alain Brisson, secrétaire de la Section locale 800.

La FTQ, une solidarité agissante

« Nous allons certainement donner des consignes très précises à nos délégués à l’occasion du congrès de la FTQ, le 26 novembre prochain quant aux actions à entreprendre pour que cesse ce conflit inacceptable dans un régime de relations de travail civilisé.

« Si cet employeur pense s’en tirer parce que le syndicat ne compte qu’une cinquantaine de membres, nous nous chargerons de lui rappeler que la solidarité est une valeur très importante à la FTQ, une solidarité agissante de plus de 500 000 travailleuses et travailleurs », a conclu le secrétaire général de la FTQ.