FTQ et Semaine nationale de la santé mentale

« Nous tenions à tenir des journées de réflexion sur la santé mentale au travail, car trop souvent nous sommes acculés à réparer les pots cassés plutôt qu’à prévenir les problèmes à leur source. Nous sommes convaincus qu’il faut agir sur l’organisation du travail. » — Michel Arsenault et Daniel Boyer, président et secrétaire général de FTQ

Montréal, le 6 mai 2013. – À compter de demain, 7 mai, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) tient deux journées de réflexion sur la santé mentale au travail à l’Hôtel Sheraton de Laval.

Le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer, qui ouvrira la première journée, explique : « Il ne faut pas le cacher, l’absentéisme au travail lié aux problèmes psychologiques est en augmentation. Tout le monde sait que les coûts pour les employeurs et pour les compagnies d’assurances sont énormes, mais ils le sont aussi, sinon plus, en termes de qualité de vie des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale, de leurs collègues de travail et des membres de leur famille et de leur entourage. Ce n’est jamais facile de faire face à la détresse psychologique ! »

Plusieurs sources indiquent que plus du tiers des demandes de prestations d’invalidité concerne la santé mentale et près de la moitié, lorsqu’il s’agit d’invalidité de longue durée. Une étude, parrainée par le gouvernement du Québec, estime qu’environ 12 % de la main-d’œuvre est aux prises avec des symptômes dépressifs. Une étude du Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto a évalué les pertes pour l’économie canadienne à 51 milliards de dollars par année.

Le président de la FTQ, Michel Arsenault, qui clôturera l’événement, pose la question : « Est-ce qu’un tel constat signifie que les travailleurs et les travailleuses d’aujourd’hui sont plus fragiles que ceux et celles des décennies passées ? Nous ne le croyons pas. Avant, on refusait de voir l’influence des conditions de travail sur la santé mentale des travailleurs et des travailleuses, c’était une question d’individu. Aujourd’hui, même si c’est encore largement minimisé, plusieurs études ont établi des liens réels entre les problèmes de santé mentale au travail et les différents aspects de l’organisation du travail. Avec le juste-à-temps, les objectifs chiffrés sans cesse croissants, le manque de moyens pour faire un travail de qualité, on peut sans aucun doute affirmer que la situation s’est envenimée. »

La FTQ a fait le choix d’orienter ses journées de réflexion sur le développement d’une approche syndicale préventive dans les milieux de travail. Elle veut mettre l’accent sur le fondement de l’approche en santé et en sécurité du travail, la prévention à la source, l’organisation du travail et la valorisation du travail en commun des militantes et des militants locaux issus de différents réseaux.

Trois universitaires s’intéressant à la santé mentale, au management, à la santé et sécurité du travail et à l’action syndicale y participeront en personne ou sur vidéo. Pour consulter le programme des journées de réflexion, cliquez ici.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.