Front commun CSN-FTQ : Pour un règlement à l'automne

Le 31 mars, des membres de la CSN et de la FTQ provenant de syndicats de la santé et des services sociaux ont manifesté devant l ’Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal.Ils y ont déposé des bouteilles de médicaments périmés pour signi .er,de manière originale,leur opposition à la décentralisation de la négociation imposée par le gouvernement Charest et par les associations patronales dans la santé

Le 31 mars, des membres de la CSN et de la FTQ provenant de syndicats de la santé et des services sociaux ont manifesté devant l ’Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal.Ils y ont déposé des bouteilles de médicaments périmés pour signi .er,de manière originale,leur opposition à la décentralisation de la négociation imposée par le gouvernement Charest et par les associations patronales dans la santé

EN DÉPIT DU RETRAIT DE LA CSQ QUI PRIVILÉGIE UN RÈGLEMENT AU PRINTEMPS,LA FTQ ET LA CSN ONT RÉAFFIRMÉ LE 2 MARS LEUR VOLONTÉ D ‘EN ARRIVER À UNE ENTENTE AVEC LE GOUVERNEMENT DANS LE SECTEUR PUBLIC ET PARAPUBLIC À L’AUTOMNE.

«C’est clair que la loi 30, adoptée sous le bâillon en décembre 2003 et qui force des votes d ‘allégeance dans la santé,a un rôle à jouer dans nos échéanciers,a expliqué Raymond Forget, coordonnateur des négociations du secteur public et parapublic pour la FTQ. Mais nous voulions également prendre le temps d ‘expliquer nos demandes,les principaux enjeux de cette négociation,et mobiliser nos membres en toute con- naissance de cause. Il ne faut pas non plus oublier le coup de force du gouvernement qui cherche à modier unilatéralement le régime de négociations en pelletant nombre de matières vers le niveau local.»

Un leurre
Le vice-président de la FTQ affirme que le gouvernement Charest leurre tout le monde en prétendant que des économies sont possibles avec la loi 30.«En étant appliquée telle quelle,la loi 30 imposera la négociation de plus de 1 000 conventions collectives locales,en plus de la négociation nationale qui se poursuivra pour tous les autres objets de la convention .» On compte actuellement 81 conventions collectives dans le réseau. «Le résultat de 40 années d ‘ef forts et d’organisation des relations de travail sera détruit ;cela n ‘améliore en rien les services aux citoyens et ne règle pas non plus les problèmes budgétaires du réseau. Ce gouvernement a forgé une arme législative sans précédent – la loi 30 –qui vise notamment à diminuer le pouvoir de négociation du personnel pour des pans majeurs de la convention collective. La négociation de 26 sujets de convention est transférée au niveau local »,a rap- pelé la coordonnateur FTQ à l ‘occasion d ‘une manifestation tenue à Montréal le 31 mars.

Pourquoi l ‘automne ?
La dynamique des négociations du secteur public ainsi que l’importance des sommes en jeu en regard des .nances publiques font en sorte que la majorité des conventions se concluent à peu près en même temps. L ‘État et les syndicats par- viennent à régler quasi- simultanément les dossiers (de table centrale) comme les salaires, la retraite ainsi que les matières sectorielles (demandes « normatives ») comme celles touchant les protections contre la précarité et la sous-traitance,la lourdeur des tâches,la santé- sécurité au travail. Il apparaît irréaliste de penser à un bon règlement pour l’ensemble du personnel de l ‘État si la négociation se fait en deux phases désynchronisées :une pour la santé et une pour l ‘éducation. D’autant plus que, depuis deux ans,ce gouvernement ne nous a pas habitués à des cadeaux. Ses attaques aux syndicats et sa remise en question du caractère public des services sont là pour le démontrer. La lutte pour améliorer les conditions de travail et les services à la population dans le secteur public nécessite les efforts soutenus de tous et chacun. Dans ce contexte,il est important que les deux grands réseaux ainsi que les organismes que nous représentons soient au rendez-vous d ‘une négociation synchronisée. Le Front commun FTQ-CSN regroupe quel- que 200 000 travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux,de l ‘éducation et des organismes gouvernementaux dont les conventions collectives sont échues depuis deux ans. Il demande une augmentation salariale de 4,5 %à partir du 1er octobre 2003;4 %à par- tir du 1 er janvier 2005;4 %à partir du 1er janvier 2006. En réponse aux récentes déclarations de la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget,évo- quant un possible gel des salaires,le Front commun réplique que ce «cadre budgétaire…est tout à fait inadmissible et ne répond en rien aux revendications légitimes des employé-es de l ‘État qui accusent un retard de 12 % sur l ‘ensemble des autres salarié(es)québécois .»

Moyens de pression

« Un échéancier de règlement à l ‘automne 2005 ne veut pas dire que nous nous croisons les bras en attendant.Les tables de négociation fonc- tionnent à un rythme régu- lier et des moyens de pression et de sensibilisation se sont tenus et se tiendront en gra- dation,y compris des votes de grève,notamment dans le soutien scolaire »,a faitvaloir Raymond Forget.

Les demandes du Front commun ont été déposées au Conseil du trésor en décembre 2003.Elles touchent la rémunération,la retraite, les assurances et la conciliation famille-travail.