« Franchement, M. Legault est-il à ce point désespéré qu’il s’en prend maintenant aux hommes et aux femmes qui ont construit le Québec ? C’est du Harper copier-coller » — Daniel Boyer, président de la FTQ

Réaction de la FTQ aux attaques antisyndicales de la CAQ

Montréal, le 11 mars 2014. – N’en déplaise à monsieur Legault, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) continuera d’être fidèle à ses statuts et de promouvoir les intérêts professionnels de ses membres, mais aussi « d’œuvrer à la promotion sociale, économique, culturelle et politique des travailleurs et travailleuses du Québec ».

« Les statuts de la FTQ, explique Daniel Boyer, font d’elle une centrale syndicale dont le mandat déborde largement la négociation des conventions collectives et l’incitent à étendre son action sur le terrain des relations de travail, certes, mais aussi sur le terrain sociopolitique et économique

« Le Québec ne serait pas ce qu’il est sans cette action syndicale déployée à travers l’ensemble de la société, en défense des syndiqués et des non-syndiqués, des jeunes et des moins jeunes, des femmes, des minorités ethniques ou des personnes handicapées.

« Il n’y a aucune gêne à dire que le mouvement syndical a contribué largement à mettre au monde l’assurance maladie, les systèmes publics de santé et d’éducation, la Commission de la santé et de la sécurité du travail, la Société de l’assurance automobile du Québec, le Régime de rentes du Québec… et plus récemment l’assurance parentale, les CPE ou l’équité salariale…

« Aucun patron, aucun Legault de ce monde n’aurait eu un iota d’initiative pour ces conquêtes sociales collectives. Aujourd’hui, il nous propose “d’aller de l’avant” en reculant de près d’un siècle, alors que l’Union nationale s’enracinait dans un programme ultraconservateur. Duplessis serait fier de la CAQ ! »

Une grande ignorance

Pour la FTQ, François Legault démontre une ignorance approfondie du monde du travail. Il aurait même déjà dit qu’un chef d’entreprise se devait aussi de représenter ses employés !

« Les syndicats affiliés à la FTQ, comme à d’autres centrales, poursuit le président de la FTQ, prennent leurs décisions et adoptent leurs revendications en toute démocratie. Ils sont tenus de dévoiler à leurs membres leurs états financiers, en toute transparence, contrairement aux associations patronales, aux think tanks de droite, aux lobbies des ordres professionnels, etc.

« Et le processus d’accréditation syndicale est si bien encadré par le Code du travail, qu’il est souvent laborieux de syndiquer une boîte. Parlez-en aux ex-travailleurs et ex-travailleuses des Walmart ou McDonald’s qui ont perdu leur emploi en voulant se syndiquer…

« Nous l’avons dit au premier ministre Harper et le redisons aujourd’hui à Legault : nous nous battrons avec acharnement contre les défenseurs du vote d’accréditation au scrutin secret, parce que c’est donner là le pouvoir au patronat d’intimider, voire de congédier, des hommes et des femmes qui souhaitent améliorer leur sort.

« À celui qui emprunte honteusement une version copier-coller du programme de Harper, nous disons qu’il a choisi le chemin d’un retour en arrière déplorable. »

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.