Fête du 1er mai, Journée internationale des travailleurs et des travailleuses : Les centrales syndicales pointent quatre priorités au premier ministre Landry

Québec, le mercredi 1er mai 2002
- Lors d’une rencontre qui se veut maintenant traditionnelle pour souligner la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses, les quatre chefs des centrales syndicales CSD, CSN, CSQ et FTQ pointeront particulièrement quatre dossiers prioritaires pour les travailleuses et travailleurs québécois au premier ministre Bernard Landry. Cette rencontre, tenue sous le thème de la journée Droits devant, aura lieu à 16 h, au bureau du premier ministre à Québec.

Ainsi, la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Mme Monique Richard, le président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), M. François Vaudreuil, le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), M. Marc Laviolette, et le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), M. Henri Massé, feront valoir l’importance que doit accorder le gouvernement du Québec aux sujets prioritaires suivants :

Augmentation du salaire minimum : la dernière augmentation du salaire minimum au Québec date de février 2001, alors que le gouvernement québécois, répondant timidement aux revendications de la Marche mondiale des femmes et du mouvement syndical, n’avait élevé le montant que de 10 sous, et ce, après un gel de 2 ans et 4 mois. Les chefs syndicaux appuieront donc beaucoup sur l’importance et la très forte pertinence d’augmenter ce montant. Ils insisteront aussi sur le fait qu’un mécanisme d’indexation devrait être mis en place pour que cette base salariale soit ajustée régulièrement. C’est là, selon les chefs syndicaux, un incontournable, si la volonté politique du gouvernement va vraiment dans le sens du discours du trône prononcé par M. Landry en 2001 à l’effet d’agir résolument sur la pauvreté au Québec.

Mécanismes de prévention dans les milieux de travail : le 2 juin 2000, les quatre chefs syndicaux rencontraient le premier ministre Lucien Bouchard pour réclamer que tous les droits prévus à la Loi sur la santé et la sécurité du travail s’appliquent dans tous les milieux de travail au Québec. Deux ans après cette rencontre, un nouveau premier ministre et 23 ans après l’adoption de la loi, plus de 86 % des travailleuses et travailleurs n’ont toujours pas droit à ces dispositions. C’est pourquoi les chefs syndicaux entendent exiger à nouveau que les droits prévus dans la loi soient appliqués partout et non seulement dans les deux groupes déclarés prioritaires, afin que la prévention devienne une réalité dans tous les milieux de travail. Ils rappelleront à M. Landry qu’il en avait d’ailleurs été question lors de leur rencontre du 1er mai 2001, mais que rien encore n’a été fait.

Création de l’Observatoire sur la mondialisation : cet observatoire résulte d’un engagement du gouvernement du Québec à la suite du Sommet des peuples 2001. Devant la menace de plus en plus évidente de la commercialisation des services publics et du non-respect des droits des travailleuses et des travailleurs dans plusieurs pays, les chefs syndicaux demanderont à M. Landry qu’il intervienne auprès de Mme Louise Beaudoin, ministre responsable, afin d’assurer la complète indépendance du porte-parole de cet observatoire. Ils insisteront également sur la place prépondérante que le gouvernement doit donner à la société civile au sein du conseil d’administration de l’observatoire.

Suivi sur le déséquilibre fiscal : alors que la ministre des Finances du Québec revient d’une rencontre avec ses homologues du Canada, le consensus des provinces est très clair sur l’existence d’un déséquilibre fiscal. Pourtant, le gouvernement fédéral ne le reconnaît pas encore. En réaction à la démarche commune des provinces, les chefs syndicaux demanderont au premier ministre du Québec comment il entend agir maintenant, alors que les services publics souffrent de ce déséquilibre et qu’un mouvement de privatisation menace certaines richesses collectives, telle l’eau. Il est clair qu’une attitude attentiste n’est pas souhaitable et qu’elle est même inacceptable aux yeux des chefs syndicaux.

Au sortir de leur rencontre, la présidente de la CSQ se fera la porte-parole des quatre chefs pour rendre compte des échanges avec le premier ministre et de ses réponses. D’ores et déjà, il importe, pour les chefs syndicaux, que le chef du gouvernement québécois se montre à l’écoute des besoins impérieux des travailleuses et des travailleurs et sérieusement désireux de donner suite à ses engagements.