Être reconnu à notre juste valeur

Pour que la formation augmente la mobilité de la main-d’oeuvre, à l’interne comme à l’externe, il faut qu’elle soit reconnue. La grande majorité des formations offertes en milieu de travail n’est sanctionnée par aucun diplôme et n’a donc pas de reconnaissance formelle, à moins qu’elle n’ait fait l’objet d’une entente sectorielle où les entreprises d’un même secteur reconnaissent mutuellement les formations offertes. Ce qui est assez rare! La formation en emploi ne sera reconnue que si nous pouvons démontrer qu’elle est véritablement qualifiante et transférable, d’où l’importance de négocier avec l’employeur les contenus des formations, en lien avec les compétences recherchées, ainsi que le choix des formateurs.

La reconnaissance des compétences acquises à l’extérieur du milieu scolaire sera un enjeu majeur des prochaines années. L’exercice d’un métier ou d’une profession, de même que la formation offerte en milieu de travail font partie intégrante de ce bagage d’acquis pour lesquels nous demandons une reconnaissance formelle. La FTQ, par son mandat à la Commission des partenaires du marché du travail et les syndicats affiliés, par leur action dans les comités sectoriels de main-d’œuvre, auront un rôle déterminant à jouer. Cette reconnaissance des acquis est d’autant plus importante que les exigences d’entrée sur le marché du travail ou d’accès à des postes au sein des entreprises sont souvent trop élevées.

Même dans les secteurs qui ne requièrent pas de qualifications particulières ou très élevées, les employeurs ont augmenté leurs exigences. C’est ainsi que pour des postes pour lesquels une très faible scolarité était exigée il y a à peine dix ans, on demande aujourd’hui un Secondaire V. Et pour les postes pour lesquels on exigeait un secondaire V ou un diplôme d’études professionnelles, on demande maintenant un diplôme d’études collégiales quand ce n’est pas un diplôme universitaire. Avec pour conséquence de limiter l’accès à l’emploi pour les personnes moins scolarisées mais aussi de diminuer la mobilité des travailleurs et des travailleuses. Cela a un impact sur la motivation au travail et par le fait même sur la productivité.

Reconnaissance des acquis et des compétences

La FTQ propose d’accentuer nos efforts, dans toutes les instances de la centrale et dans tous les lieux où nous intervenons, pour obtenir un véritable système de reconnaissance des acquis et des compétences de nos membres et l’accès aux formations permettant leur qualification officielle, qu’elle soit du ministère de l’Éducation (diplôme d’études professionnelles) ou de l’Emploi (certificat de qualification). Pour ce faire, nous pouvons entre autres profiter de la mise en place d’un régime d’apprentissage pour inciter les comités sectoriels de main-d’œuvre à développer des mécanismes de reconnaissance des acquis.

Les exigences d’accès aux emplois

La FTQ propose aux syndicats locaux de faire des pressions auprès des employeurs pour qu’ils réduisent leurs exigences d’accès aux emplois lorsqu’elles sont démesurées et que, dans le processus de recrutement et de promotion, ils évaluent les acquis non scolaires des personnes qui postulent.