Et l’emploi?

Dirigeants de la FTQ

Photo: Isabelle Gareau

Éditorial du dernier numéro du Monde ouvrier.

Alors que commence l’année 2016, nous avons réussi à obtenir un règlement satisfaisant dans le dossier de la négociation du secteur public, mais la grande mobilisation contre l’austérité libérale doit se poursuivre.

Le gouvernement Couillard s’est lancé dans une grande restructuration des services publics québécois: abolition des organismes de développement régional, fusion des organismes d’application du droit du travail (CRT, CSST, etc.), fusions des établissements de santé, redéfinition des commissions scolaires, centralisation des pouvoirs dans les mains des ministres, etc.

Nous avons profité de la pause du début d’année pour interpeler ce gouvernement sur sa raison d’être. Lors de notre conférence de presse de la rentrée 2016, nous lui avons rappelé qu’il n’avait pas été élu pour appliquer une politique d’austérité, ni pour démanteler les services publics, mais plutôt pour relancer l’économie et l’emploi. Au cours de sa campagne électorale de mars 2014, il s’était engagé à créer 250 000 emplois pendant ce mandat. Or, au tiers de son mandat, il s’en est créé moins de 30 000. À ce rythme, il n’aura pas rempli la moitié de sa promesse avant les prochaines élections.

On nous répond que ce ne sont pas les gouvernements qui créent les emplois. Mais alors, pourquoi votons-nous pour des politiciens qui s’engagent à en créer ? En vérité, le gouvernement peut et doit faire beaucoup pour l’emploi et pour le développement économique de nos régions. Néanmoins, il faudrait que ce gouvernement commence par y croire…

En 2015, nous avons été très inquiets d’entendre le ministre de l’Économie, Jacques Daoust, affirmer que le développement économique du Québec se joue à Davos ou à New York. Il y a sûrement beaucoup à faire pour que nos entreprises se positionnent sur les marchés internationaux. Mais nous sommes manifestement face à un ministre qui ne pense pas que le développement des régions est un enjeu qui le concerne. Or, le développement économique, il faut y croire : mobiliser les moyens et les savoir-faire, encourager, structurer, financer quand il le faut.

Comme en 2015, nous invitons le gouvernement Couillard à changer d’attitude, à ouvrir un dialogue social constructif et à faire cesser sa croisade idéologique pour réduire la taille de l’État québécois. Il y a une limite à couper des budgets et des emplois, il faut aussi investir et stimuler la croissance avec des politiques claires pour les régions et les secteurs industriels.

Solidairement,

Daniel Boyer, président
Serge Cadieux, secrétaire général

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