Et le rêve se fit béton…!

Le chantier du Complexe FTQ, en juin 1992. On y reconnaît plusieurs membres du Bureau de la FTQ de l’époque : Lauraine Vaillancourt (UIOVD), Lucille (la compagne de Louis), l’actuel président de la FTQ, Henri Massé (SCFP), Louis Laberge, Fernand Daoust, Carole Haywood (SEPB) et Marc Bellemare (AFPC) en retrait.

Le chantier du Complexe FTQ, en juin 1992. On y reconnaît plusieurs membres du Bureau de la FTQ de l’époque : Lauraine Vaillancourt (UIOVD), Lucille (la compagne de Louis), l’actuel président de la FTQ, Henri Massé (SCFP), Louis Laberge, Fernand Daoust, Carole Haywood (SEPB) et Marc Bellemare (AFPC) en retrait.

Un des rêves de Louis Laberge, c’était de voir toute « sa famille » syndicale sous un même toit. Souvent, pour nous faire rire, il nous disait que nous ne méritions pas moins, comme syndicalistes, que les sociétaires des caisses populaires. Et il parlait là du Complexe Desjardins, rien de moins! Inutile de dire qu’il y avait des sceptiques, mais encore une fois, ils ont été confondus!

La FTQ et plusieurs de ses syndicats affiliés aménageront cet automne dans la nouvelle tour est du Complexe Louis Laberge, alors que le Fonds de solidarité occupera l’actuel 545 Crémazie Est. Déjà, les Conseils régionaux de la FTQ partagent avec les affiliés locaux des édifices FTQ-Fonds un peu partout au Québec. Le rêve de Louis est aujourd’hui coulé dans le béton.

C’est en 1993 que la FTQ quittait sans regret le 2100 Papineau, coin Ontario, un ancien immeuble de Bell Canada situé au milieu de nulle part, sur la voie d’accès au pont Jacques-Cartier. Cela mettait un terme à une douzaine d’années d’occupation durant lesquelles le président de la FTQ pût voir notre ancienne voisine du 1001 de la rue Saint-Denis, la CSN, bâtir son propre édifice.

La FTQ occupait précédemment au 1290 Saint-Denis, angle Sainte-Catherine, les cinquième et septième étages de l’édifice Dandurand, un vieil et noble immeuble du début du siècle dernier qui fut longtemps l’un des plus prestigieux à Montréal.

Pour changer le monde
Les plus vieux d’entre nous se rappelleront toute l’agitation qui a marqué les années 70 et qui a enflammé les discussions dans bien des établissements du quartier latin aujourd’hui disparus comme le Café St-Jacques, Chez Butch Bouchard, le Toit Rouge, la Taverne du Trappeur, le Bercail, le Prof Matou, la Cave des Moines, le Restaurant Sélect, le Poulet Doré, Chez François…, qui se transformaient de but en blanc en véritables postes de commandement.

Le 1290 Saint-Denis avait aussi l’avantage d’être situé au-dessus de la Banque Royale où souvent les dirigeants de la FTQ devaient aller «étirer la soupe» pour que ses créanciers et ses salariés puissent changer leur chèque!

Sur l’insistance du président Henri Massé, la conception de la nouvelle tour a fait l’objet d’attentions et de directives particulières de la part des dirigeants de la FTQ. On a tenu à conserver et à intégrer l’édifice de l’ancienne Caisse populaire Saint-Alphonse d’Youville, compte-tenu de sa valeur esthétique et symbolique pour le patrimoine architectural du quartier. Un œil observateur remarquera que le revêtement extérieur de béton de la tour imite avec élégance celui de la caisse populaire et s’inscrit avec continuité dans la ligne de vue.

Vieux Gustave