Équité salariale : la FTQ fait son bilan de l'application de la loi

Montréal, dimanche 17 novembre 2002 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) trace un bilan relativement positif de l’application de la Loi sur l’équité salariale même si on remarque des retards importants, surtout dans la petite entreprise. « Plusieurs milieux de travail ont terminé le processus et ont prouvé que c’était faisable quand s’assoient ensemble les gens du milieu, les employeurs, les femmes, les syndicats », a indiqué le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy. La centrale note que le principal problème, à l’heure actuelle, demeure l’application de la loi partout où c’est prévu.

La petite entreprise traîne la patte

À l’occasion de son bilan, la FTQ a constaté que plus l’entreprise compte de salariés, plus les travaux d’équité sont avancés ou terminés. Suzanne Amiot, vice-présidente de la FTQ, avance l’hypothèse que la participation syndicale étant plus forte, il y a plus de résultats dans les grandes entreprises. Par contre, même si les travaux y sont avancés, il reste du travail à faire, par exemple chez les grands de l’alimentation. D’autres entreprises comme Pepsi ou Labatt attendent que les concurrents s’engagent dans le processus d’équité avant de commencer.

Le tableau est plus sombre dans la petite entreprise (10-49 salariés) où, dans la majorité des cas, rien n’est encore fait, par exemple dans les petites usines, les centres d’accueil, les petites caisses populaires. Dans ce dernier cas, le Syndicat des employé(es) professionnels(es) et de bureau (SEPB-57-FTQ) a déposé plus d’une centaine de plaintes auprès de la Commission sur l’équité salariale.

Des exemples de rajustements salariaux

À titre d’exemples de rajustements découlant du processus d’équité salariale, dans l’alimentation et le commerce, des postes de caissière, de chef-caissière et de préposé(e) aux services aux clients ont vu leur rémunération horaire rajustée entre 0,85 $ et 2,72 $.

Dans l’hôtellerie, des postes de préposé(e) aux chambres ont obtenu des correctifs entre 0,20 $ et 1,20 $ alors que pour des postes de préposé(e) aux réservations et de commis à la cuisine dans le même secteur, c’est entre 1,40 $ et 1,81 $. C’est sans contredit les postes de brigadier/ ère scolaire dans les petites municipalités qui ont connu les redressements parmi les plus importants, soit de 7 $ à 8 $ de l’heure.

Mentionnons que ces rajustements ne touchent pas tous les employés mais seulement certains postes à prédominance féminine sous-évalués et que les rajustements s’étalent sur 4 ans selon les termes de la loi.

La Commission sur l’équité salariale doit pleinement utiliser ses pouvoirs

« Les syndicats de la FTQ, les services de la centrale et ses militantes et militants ont investi des énergies considérables pour initier et s’assurer de la bonne marche des travaux d’équité salariale, pour former les membres des comités d’équité, et nous comptons intensifier nos efforts dans tous les secteurs pour concrétiser partout l’équité salariale et la maintenir .

« La FTQ a déjà mis la Commission en garde contre tout changement à la loi, du moins pour le moment. Nous nous y opposons prudemment. Même si cette loi n’est pas parfaite et qu’elle comprend un chapitre d’exception, elle confère tout de même à la Commission sur l’équité salariale des outils, des clés pour intervenir.

« Ses pouvoirs ne sont pas tous pleinement utilisés par la Commission aujourd’hui. Qu’elle s’en serve pour faciliter l’application de la loi et favoriser l’atteinte de l’équité salariale partout. Une évaluation de l’ensemble de la loi et de son application est déjà prévue pour 2006. On verra à ce moment s’il y a lieu d’effectuer des changements », a conclu René Roy.

Secteur public et parapublic

Rappelons que les syndicats de la FTQ impliqués dans le secteur public et parapublic participeront aux activités inter centrales prévues le 21 novembre prochain dans le cadre d’une mobilisation pour s’assurer de la complétion des travaux à la date butoir du 31 décembre conclue entre les parties.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres dont plus du tiers sont des femmes.