Équité salariale : La FTQ demande à Ottawa de donner suite rapidement au rapport du groupe de travail rendu public aujourd'hui

M. René Roy, secrétaire général de la centrale.

M. René Roy, secrétaire général de la centrale.

Montréal, le 5 mai 2004 – « La FTQ accueille favorablement les recommandations du rapport du groupe fédéral de travail sur l’équité salariale, rendu public aujourd’hui, en particulier celle d’adopter une loi proactive sur l’équité salariale pour l’ensemble des milieux de travail relevant de la compétence fédérale », déclare M. René Roy, secrétaire général de la centrale.

« De façon générale, dit M. Roy, le rapport semble répondre aux préoccupations de la FTQ en proposant une loi proactive et l’obligation pour les employeurs de corriger, avec la collaboration des syndicats et des travailleuses, la discrimination systémique faite aux femmes en matière de salaire, dans l’ensemble des milieux de travail. Il couvre l’ensemble des travailleuses et travailleurs, à plein temps ou à temps partiel, à contrat ou occasionnel. »

Le groupe de travail a été mis sur pied en juin 2001 par le gouvernement fédéral afin de revoir et d’améliorer les dispositions de la Loi canadienne sur les droits de la personne en matière d’équité salariale. Pour mener à bien son mandat, le groupe de travail a effectué des consultations et des travaux partout au Canada, en cherchant à obtenir des consensus auprès des milieux patronaux et syndicaux ainsi qu’auprès des groupes de femmes. La FTQ a participé activement à ces travaux et elle a été la seule centrale québécoise à présenter un mémoire lors des audiences tenues au Québec.

Une étape importante

Le Canada a ratifié dès 1972 la Convention de l’Organisation internationale du travail sur l’égalité de rémunération et il a inclus le principe de l’équité salariale dans sa loi sur les droits de la personne en 1977, rappelle M. Roy : « Ottawa a été plus que généreux envers les employeurs en leur laissant plus de 27 ans pour se conformer à la loi. »

« Les catégories d’emploi où les femmes prédominent continuent d’être sous-évaluées, dit M. Roy. La loi actuelle impose un fardeau de la preuve qui incombe aux plaignantes. Le système de plaintes, par sa lourdeur, sa longueur et les coûts qu’il suppose, ne convient plus et n’est pas à la portée des travailleuses. On n’a qu’à se rappeler les sagas juridiques vécues par les fonctionnaires fédéraux et les téléphonistes de Bell, membres de syndicats affiliés à la FTQ. »

« La publication de ce rapport représente donc une étape importante en vue de l’adoption d’une loi proactive que nous exhortons Ottawa à faire voter le plus rapidement possible, ajoute M. Roy. Les analyses des commissions des droits de la personne, tant au Québec qu’au Canada, en viennent aux mêmes conclusions. Seule une loi proactive peut obliger les employeurs à éliminer la discrimination salariale faite aux travailleuses. »

La FTQ, qui représente plus d’un demi-million de membres, en compte près de 100 000 dans des secteurs de compétence fédérale comme les banques, le transport aérien, ferroviaire, routier et maritime, les services postaux, les télécommunications et la fonction publique fédérale. Plus du tiers des membres de la centrale sont des femmes.