Équité salariale au fédéral : « Après 25 ans de résultats plus que lamentables, le statu quo n'est plus acceptable » – René Roy, secrétaire général de la FTQ

Montréal, le 23 avril 2002 – « Après 25 ans de résultats lamentables, le statu quo n’est plus acceptable », a déclaré aujourd’hui M. René Roy, secrétaire général de la FTQ, lors de l’intervention de la centrale devant le Groupe de travail fédéral sur l’équité salariale. La FTQ est la seule centrale québécoise à participer aux audiences du Groupe de travail à Montréal.

Rappelant que le Canada a ratifié dès 1972 la Convention sur l’égalité de rémunération de l’Organisation internationale du travail, M. Roy a indiqué au gouvernement fédéral qu’il est de son devoir de soutenir le principe d’équité salariale et de faire respecter les droits de tous les membres de la société, y compris des travailleuses.

Près de 100 000 membres de la FTQ travaillent dans des secteurs de compétence fédérale, soit les banques, le transport aérien, ferroviaire, routier et maritime, les services postaux, les télécommunications et la fonction publique fédérale.

Des sagas juridiques

Plus de 25 ans après l’enchâssement du droit à l’équité salariale dans la Charte des droits et libertés du Québec et dans la Loi canadienne des droits de la personne, les travailleuses attendent toujours d’être rémunérées équitablement parce qu’un système passif y avait été prévu. « Avec un fardeau de la preuve qui incombe à la plaignante, le système de plaintes, par sa lourdeur, sa longueur et les coûts qu’il suppose, est loin d’être à la portée des travailleuses », a souligné le secrétaire général de la FTQ en citant les sagas juridiques qu’ont dû mener l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) et le Syndicat des communications, de l’énergie et du papier (SCEP), affiliés à la FTQ, dans le dossier de l’équité salariale.

Pour une loi proactive

« Les catégories d’emplois où les femmes prédominent continuent d’être sous-évaluées. Seule une loi proactive peut obliger les employeurs à éliminer la discrimination faite aux travailleuses. Les analyses des Commissions des droits de la personne, tant au Québec qu’au Canada, en viennent également aux mêmes conclusions », a ajouté M. Roy.

La FTQ et ses syndicats réclament une loi proactive sur l’équité salariale pour l’ensemble des milieux de travail relevant de la compétence fédérale. « Mais nous ne demandons pas seulement une loi, nous demandons des mécanismes efficaces permettant l’information des salariées et leur participation concrète aux travaux sur l’équité salariale », a fait savoir pour sa part madame Suzanne Amiot, vice-présidente de la FTQ.

Accès à la syndicalisation et salaire minimum

Au chapitre des autres mesures favorisant une réduction des écarts salariaux entre hommes et femmes, Mme Amiot a souligné un meilleur accès à la syndicalisation pour les femmes et des hausses substantielles et régulières du salaire minimum.

« Compte tenu que près de 70 % des personnes travaillant au salaire minimum sont des femmes, des hausses substantielles et régulières du salaire minimum, tenant compte de l’augmentation du coût de la vie et du maintien du pouvoir d’achat, pourront contribuer à combler l’écart salarial entre les sexes », selon la vice-présidente de la FTQ.

Après un quart de siècle…

« Le travail des femmes est non seulement socialement indispensable, mais économiquement rentable. Aucune société démocratique ne peut nier le droit à l’équité salariale pour la moitié de sa population.

« Le gouvernement fédéral s’est commis en 1972 en signant la convention internationale et en introduisant dans sa loi sur les droits de la personne, en 1977, le principe de l’équité salariale. Il a été plus que généreux envers les employeurs en leur laissant un quart de siècle pour s’y conformer. Il doit passer à l’autre étape : la loi proactive », peut-on lire en conclusion du document de la FTQ.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.