Équité salariale : 7 ans après son adoption, la loi est loin d'être appliquée partout – René Roy, secrétaire général de la FTQ

Montréal, le 20 novembre 2003 – « Sept ans après son adoption, la loi québécoise sur l’équité salariale est loin d’être appliquée partout et la démarche doit être complétée dans de nombreux milieux de travail. Il y a eu certains progrès depuis un an, surtout dans les entreprises employant 50 personnes salariées et plus, mais encore là, nous devons poursuivre nos efforts », déclare le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy.

À l’occasion du 7e anniversaire de l’adoption à l’unanimité par l’Assemblée nationale de la Loi sur l’équité salariale, le 21 novembre 1996, la FTQ tient à rappeler au gouvernement québécois, et à la population en général, qu’il est essentiel que soit éliminée la discrimination salariale faite aux femmes. Le 21 novembre 2003 est également la date prévue du troisième versement des rajustements d’équité salariale.

« Le plus désolant, indique M. Roy, c’est que les plus petites entreprises, celles qui comptent entre 10 à 49 personnes salariées, sont très loin derrière. À la FTQ, nous estimons à moins de 30 % les entreprises de cette taille qui ont réglé le dossier de l’équité salariale. Ces employeurs ne sont pas obligés de faire de programme d’équité salariale, ni de travailler avec un comité, et les syndicats n’ont donc souvent d’autre choix que d’attendre les résultats pour réagir et, le cas échéant, porter plainte pour discrimination. Or, c’est malheureusement dans ces petites entreprises que les travailleuses québécoises se retrouvent en très grand nombre. »

Le défi du maintien de l’équité

Madame Suzanne Amiot, vice-présidente de la FTQ, déclare par ailleurs : « Là où nous avons pu réaliser l’équité salariale, nous avons maintenant un autre défi, celui de maintenir cette équité lors de la négociation du renouvellement de la convention collective. On doit protéger ce qui a pris tant de temps à se réaliser mais, comme nous avons peu d’orientations de la part de la Commission de l’équité salariale à ce propos, la vigilance s’impose. »

Dans les secteurs public et parapublic québécois, madame Amiot rappelle que le dossier de l’équité salariale n’est toujours pas réglé avec le Conseil du trésor, malgré des années de négociations.

« La loi doit être appliquée partout et elle est plus que jamais indispensable pour les travailleuses du Québec. La Commission de l’équité salariale, les employeurs et les syndicats doivent donc mettre les bouchées doubles pour concrétiser cette équité dans tous les milieux de travail », conclut René Roy.

La FTQ, la plus importante centrale syndicale québécoise, représente le plus grand nombre de travailleuses syndiquées au Québec.