Élections Fédérales : Deux enjeux majeurs pour la FTQ

Le secrétaire général de la FTQ, René Roy <br> <br><i>Photo Serge Jongué

Le secrétaire général de la FTQ, René Roy

Photo Serge Jongué

La bonification du régime d’assurance-emploi et le soutien du revenu pour les travailleuses et travailleurs âgés victimes de licenciement collectif ou de fermeture d’entreprises sont, pour la FTQ, les deux enjeux de la campagne électorale fédérale.

«Nous martèlerons ces deux revendications aux oreilles de chaque candidat et candidate que nous rencontrerons, tous partis confondus, promet le secrétaire général de la FTQ, René Roy.

«Ça fait assez longtemps qu’on en parle, qu’on le répète et qu’on l’explique. Il est temps qu’on nous entende et qu’on prenne des engagements fermes !»

L’assurance-emploi
La FTQ appuie la Coalition des Sans-Chemise qui a déclenché une vaste campagne pour dénoncer le vol de la caisse de l’assurance-emploi et réclamer un régime plus équitable et plus accessible.

Le territoire québécois sera placardé de milliers de pancartes et panneaux avec le message suivant : «Qui a volé l’argent des sans-emploi ?» Selon la Vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, le gouvernement fédéral a détourné 44 milliards de dollars de la caisse de l’assurance-emploi.

«Les mesures annoncées par le gouvernement de Paul Martin pour venir en aide aux travailleurs saisonniers ne calmeront pas l’appétit des sans-emploi, indique René Roy. Ottawa a beau promettre d’injecter 250 millions sur deux ans, les chômeurs et chômeuses du Québec ont perdu plus de 2 milliards par année en prestations au fil des réformes. À peine 45 % des travailleurs et travailleuses du Québec peuvent se qualifier aujourd’hui pour recevoir des prestations en cas de besoin, comparé à 80 % en 1993.»

La FTQ réclame une réforme en profondeur du régime d’assurance-emploi et non pas des mesures à la pièce, en fonction des élections : une augmentation des personnes admissibles, du taux de remplacement du revenu (de 55 % à 60 %) et de la durée des prestations (de 45 à 50 semaines) en plus de la mise en place d’une caisse autogérée par les cotisants, soit les salariés et les employeurs.

Un autre PATA
D’autre part, les quatre centrales syndicales ont uni leur voix pour réclamer la création d’un nouveau programme de soutien du revenu pour les travailleuses et travailleurs âgés qui perdent leur emploi. La FTQ, la CSQ, la CSN et la CSD demandent aux représentants des partis politiques fédéraux de se commettre sur cette question. «Un tel programme doit être mis sur pied rapidement. Les travailleuses et les travailleurs lésés ont assez patienté.»

La création d’un nouveau programme du genre est devenue nécessaire depuis la disparition du Programme d’adaptation pour les travailleurs âgés (PATA), en mars 1997. Aucune mesure de soutien du revenu visant spécifiquement les travailleuses et travailleurs âgés de 55 ans et plus ayant perdu leur emploi n’a remplacé le PATA.

«C’est inacceptable qu’un pays tel le Canada précipite dans la pauvreté une catégorie de travailleuses et de travailleurs qui ont eu le malheur de perdre leur emploi en fin de carrière», dénonce René Roy.