Drapeaux en berne sur les édifices de la FTQ et du Fonds de solidarité

Commémoration du 25e anniversaire de la tragédie de Polytechnique

Photo: Isabelle Gareau

Montréal, le 4 décembre 2014. – Afin de souligner le 25e anniversaire des tristes événements de Polytechnique, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et le Fonds de solidarité FTQ ont hissé ce matin des drapeaux lançant un appel à l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Ces drapeaux seront en berne jusqu’à lundi sur les deux édifices du boulevard Crémazie à Montréal.

Depuis 1991, la FTQ commémore la tragédie de Polytechnique, où 14 jeunes femmes ont été tuées parce qu’elles étaient des femmes et qu’elles se destinaient à une profession traditionnellement masculine. Cette année, la FTQ et le Fonds de solidarité ont répondu à l’appel du Congrès du travail du Canada (CTC) et d’autres groupes à poser un geste symbolique pour marquer cet anniversaire.

« Chaque année, la FTQ invite ses affiliés à se souvenir, à prévenir et à agir pour contrer toutes les formes de violence faites aux femmes, y compris celles persistant dans les milieux de travail. Il est vrai que la violence ne touche pas que les femmes. Toutefois, ce sont les femmes qui sont très majoritairement les victimes de la plupart des formes de violence », déclare le président de la FTQ et premier vice-président du conseil d’administration du Fonds de solidarité FTQ, Daniel Boyer.

Le rôle des syndicats

La FTQ profite également de cette occasion pour rappeler que les syndicats ont un rôle important à jouer en tant qu’acteurs sociaux pour améliorer la sécurité en milieu de travail et faire de la prévention pour mettre fin à la violence faite aux femmes, et ce, pas seulement le 6 décembre.

« Nous devons travailler à briser le silence et à faire reconnaître que la violence faite aux femmes contrevient à leur droit à la dignité et à l’égalité. Il est aussi de notre devoir de susciter des prises de conscience au phénomène, d’intervenir auprès des membres et des employeurs pour rendre nos milieux de travail exempts de violence, de soutenir les femmes victimes de violences, d’agir pour éliminer ce fléau », affirme la présidente du comité de condition féminine de la FTQ et vice-présidente représentant les femmes de la FTQ, Louise Michaud.

Des constats inquiétants

Constatant depuis quelque temps une recrudescence, sinon des événements, du moins des dénonciations, quant au harcèlement et aux agressions à caractère sexuel à l’endroit des femmes, la FTQ lance également un appel à la vigilance en ce qui concerne le harcèlement psychologique.

Rappelons que la Commission des normes du travail, dans un rapport rendu public en octobre dernier, indiquait que pour 2013-2014, les demandes liées au harcèlement psychologique ont connu une hausse de 5,3 %, passant de 4 088 à 4 303 demandes.

La FTQ a aussi participé en 2014 à une enquête pancanadienne menée par le Congrès du travail du Canada (CTC) et l’Université de Western Ontario (London) sur la violence conjugale et ses conséquences en milieu de travail dont les résultats ont été divulgués le 27 novembre dernier. On y apprend que la violence conjugale est plus fréquente chez les femmes, que 82 % des personnes victimes de violence conjugale ont déclaré que cela avait nui à leur capacité de travailler, que près de 40 % d’entre elles ont déclaré que la violence conjugale les avait empêchées d’aller travailler, et que près de 10 % ont dit avoir conséquemment perdu leur emploi. De plus, la moitié des travailleuses et travailleurs victimes de violence conjugale ont déclaré subir des actes de violence sur leur lieu de travail ou à proximité.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus de 600 000 membres, dont près de 40 % sont des femmes.

Avec un actif net de 10,1 milliards de dollars au 31 mai 2014, le Fonds de solidarité FTQ est un fonds d’investissement en capital de développement qui fait appel à l’épargne des Québécoises et des Québécois. Ses investissements, dans tous les secteurs de l’économie, contribuent à la création et au maintien d’emplois dans les entreprises et favorisent le développement du Québec.