Discours de Victor Baez, secrétaire général adjoint, ORIT, au congrès de la FTQ

Distinguées compagnons et compagnes de la FTQ,

En premier lieu j’aimerais saluer le Congrès pour cette importante organisation, affiliés au CTC, qui constitue l’un des piliers de l’Organisation régionale interaméricaine des travailleurs.

Aujourd’hui, je dois partir pour une réunion à Washington, qui aura lieu les 29 et 30 novembre, où l’ORIT et la BID, de concert avec l’OIT, discuteront du dossier de la mondialisation, des méthodes d’intégration et des répercussions sur les droits des travailleurs et des travailleuses.

Nous savons tous quelles sont ces répercussions. Il existe cependant de vastes secteurs qui se refusent à le reconnaître. Ils affirment que les marchés peut contrôler le tout et ils se concentrent sur les aspects exclusivement commerciaux et liés à l’investissement. Ils ne veulent pas se pencher sur les conséquences pour la société et pour la main-d’œuvre. L’environnement et la qualité de vie en sont également exclus.

On a déformé le sens du terme « intégration », que l’ont confond avec une simple zone de libre-échange. Face au processus comme celui de Mercosur, axé exclusivement sur les aspects commerciaux et qui, pour cette raison, connaît une crise, les gens ont perdu leurs illusions. Parce que ce qu’on appelle intégration ne s’est pas traduit que par des avantages pour la population en général.

Dans la région des Andes, la Communauté des Andes qui englobe le Venezuela, la Colombie, L’Équateur, le Pérou et la Bolivie est en train de stagner. Malgré la signature d’importants traités portant sur les droits des travailleurs et des travailleuses, en plus d’un pacte social (Carta Social), ces droits ne sont en vigueur dans aucun des pays. La situation intolérable des assassinats de centaines de dirigeants syndicaux en Colombie doit être dénoncée partout et par tous les moyens dont nous pourrions disposer.

Nous avons aussi la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), qui se négocie en ce moment. Le président du Brésil, M. Fernando Enrique carduso, au cours d’une réunion avec des parlementaires qui s’est tenue dernièrement à Rio de Janeiro, au Brésil, à laquelle participaient également des parlementaires du Québec, a déclaré que « la ZLEA fonctionne à l’heure actuelle », ce qui devrait nous pousser à une sérieuse réflexion car le processus de la ZLEA s’est bâti, depuis sa création même, sur l’exclusion des organisations syndicales et même des parlements.

Ce n’aura pas été en vain qu’a été constituée la Conférence parlementaire des Amériques, crée à l’initiative de parlementaires des Amériques se sont plaints du manque de transparence du processus de la ZLEA.

Depuis le mois de mai, alors que les gouvernements ont rendu publics les textes de la ZLEA, qui font actuellement l’objet de négociations, il convient de souligner que certains chapitres, comme celui des investissements, en train d’être négociés, sont en grande partie des copies exactes de l’accord de libre-échange nord-américain, lequel ne laisse entre les mains des États aucun outil pour l’élaboration des politiques sociales, environnementales, fiscales et en matière de travail qui, comme on le sait, pourraient porter atteinte aux intérêts des grandes sociétés.

En ce qui concerne les droits du travail prévus par la ZLEA, la question est en train d’être débattue au sein du Système interaméricain du travail de l’OEA. Dernièrement s’est déroulée à Ottawa la conférence interaméricaine des ministres du Travail. Nous ne pouvons pas prétendre que nous sommes heureux des résultats. Les ministres du Travail font sans doute preuve de bonne volonté, mais ils ne possèdent aucun pouvoir par rapport à leurs collègues ministres du Commerce, qui eux possèdent un vrai pouvoir de décision dans les négociations de la ZLEA.

Le CTC dispose maintenant de Secrétariat général du COSATE, comité directeur du Conseil syndical de consultation technique du Système interaméricain du travail de l’OEA. L’ORIT a bon espoir que le CTC, dans ses démarches auprès du gouvernement du Canada, sera en mesure d’accomplir des progrès en ce qui concerne nos droits dans ce processus.

Dans cette lutte pour parvenir à la transparence et à la démocratie des méthodes de négociation entre pays, où les droits de la personne sont en jeu, il est indispensable de collaborer avec d’autres secteurs de la société civile. Dans cette optique, j’aimerais, au nom de l’ORIT et de l’Alliance sociale continentale, exprimer ma gratitude à la FTQ et au CTC pour avoir donné l’exemple et pour avoir, de concert avec d’autres organisations locales et nationales, rendu possible la tenue du Sommet des peuples en avril de cette année. Les mobilisations du Québec ont eu d’importantes retombées internationales.

La lutte menée pour préserver nos démocraties et pour les approfondir devient de plus en plus difficile. C’est pourquoi l’exemple qui est donné ici revêt de l’importance pour les organisations du continent américain. Dans le cadre du syndicalisme socio-politique, nous devons tenir compte du sort qui est réservé dans la société aux secteurs qui, comme nous, sont exclus ou en voie d’exclusion.

Je terminerai en réitérant mes salutations et mes hommages à la FTQ et aux délégués de ce congrès. Je vous souhaite des débats fructueux et beaucoup de succès dans vos luttes d’aujourd’hui et de demain, qui favoriseront l’expansion de notre mouvement syndical.

Vive le mouvement syndical !

Vive la FTQ!