Développement régional : La FTQ demande au ministre Michel Audet de ne pas adopter son projet de loi à la vapeur

Montréal, le 21 novembre 2003 – « Le ministre Michel Audet doit prendre le temps nécessaire pour consulter l’ensemble des partenaires, dans chacune des régions du Québec, plutôt que de faire adopter son projet de loi à la vapeur avant les Fêtes », a déclaré aujourd’hui le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy.

« En quoi y a-t-il urgence à adopter ce projet de loi 34 qui chamboule toutes les règles du jeu en matière de développement régional? Voilà une affaire bien trop importante pour faire preuve de précipitation dans des modifications de structures. Nous n’avons même pas fait d’évaluation sérieuse de l’efficacité des structures actuelles comme les Conseils régionaux de développement (CRD), que le ministre veut abolir, et les Centres locaux de développement (CLD), qu’il veut transformer », indique M. Roy.

« Le projet des libéraux vient faire table rase de plusieurs années de concertation fructueuse dans les CRD entre différents partenaires : employeurs, syndicats, groupes communautaires, milieux de l’éducation, etc. La présence de la FTQ et des autres partenaires aura fait beaucoup pour qu’on dépasse les habituelles chicanes de clocher improductives entre élus locaux et qu’on assume une vision vraiment régionale du développement. Si on avait voulu démobiliser les forces vives des régions, on n’aurait pas pu faire mieux que ce projet-là », dit M. Roy

Respecter ce qui se fait déjà

« Le ministre Audet a l’air d’oublier que les CRD travaillent déjà en fonction d’un plan d’action élaboré par tous les partenaires de la région et qui a été reconnu par des ententes-cadres avec le gouvernement du Québec. N’aurait-on pas pu respecter ces ententes dont l’échéance, variable, se situe quand même dans un horizon pas trop lointain, autour de 2005? Le travail de développement régional se poursuit activement et cette période pourrait aussi être mise à contribution pour tenir une vraie consultation », dit M. Roy.

Pour le secrétaire général de la FTQ, « ce n’est quand même pas la tournée régionale électorale du Parti libéral, ni les visites éclair d’information de la ministre Nathalie Normandeau, qui peuvent tenir lieu de consultation. Ce n’est quand même pas dans un communiqué ou une conférence de presse qu’on peut développer des analyses et des propositions constructives ».

M. Roy conclut : « S’entêter à vouloir procéder à la va-vite, sans consultation, sera perçu comme un geste de mépris envers tous ceux et celles qui ont travaillé et veulent encore travailler au développement de chacune des régions du Québec. »

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.