Devant les bureaux de la CSST à Sherbrooke : Les travailleurs et travailleuses de Tafisa (Lac Mégantic)dénoncent la mauvaise qualité de l'air dans leur usine

Sherbrooke, le 8 mai 2002 - Une centaine de travailleurs et de travailleuses de l’usine Tafisa, à Lac Mégantic, manifestent ce matin, devant les bureaux de la CSST-Estrie, à Sherbrooke.

Ces travailleurs et ces travailleuses, membres de la Fraternité nationale des forestiers et travailleurs d’usines (FNFTU), section locale 299, affiliée à la FTQ, en ont ras le bol de respirer des vapeurs de formaldéhyde et d’endurer les graves malaises que cette intoxication entraîne. La formaldéhyde est utilisée en grande quantité dans la fabrication des panneaux particules de Tafisa.

Mécontents de la CSST

Les travailleurs et travailleuses de Tafisa sont fort mécontents de l’attitude de la CSST face au problème de qualité de l’air qu’ils subissent depuis plusieurs années. La concentration de vapeur de formaldéhyde dans l’usine dépasse régulièrement la norme québécoise de 2 ppm. Elle a déjà atteint 5 ppm.

« La CSST a été informée de la situation, mais la seule solution qu’elle propose, c’est de faire porter des masques aux travailleurs ! », raconte, avec dépit, le représentant syndical de la FNFTU, Sylvain Roy. « Nous, on veut que la CSST intervienne beaucoup plus vigoureusement et force l’entreprise à adopter de véritables correctifs à la situation » poursuit Sylvain Roy.

Il y a des solutions pourtant !

Des solutions existent, selon le syndicat, qui fait état d’un rapport produit, il y a quelques mois, par une firme de consultants et qui identifie les causes de la
forte concentration de formaldéhyde dans l’air de l’usine, ainsi que les moyens à prendre pour la réduire.

« Curieusement, depuis que les consultants ont déposé leur rapport, l’employeur a écarté les représentants syndicaux du comité paritaire de santé-sécurité » souligne Sylvain Giguère, le président de l’unité syndicale chez Tafisa.

La présence de la formaldéhyde est moins ressentie en ce temps-ci de l’année, car on peut garder les portes de l’usine ouvertes, mais en hiver, le problème devient très aigu.

« Les travailleurs sont tannés d’endurer cet air contaminé par la formaldéhyde. Ça fait des années qu’ils s’en plaignent et, là , à l’occasion de la négociation de la convention collective, ils exigent de l’employeur des mesures de prévention », explique Sylvain Roy. « On veut négocier des cotes d’alerte : quand ça dépasse 0,5 ppm, il faudra que des procédures s’enclenchent pour éliminer la vapeur » précise-t-il.

Des efforts insuffisants

La compagnie soutient qu’elle a investi 2 millions $ pour corriger le problème, ces dernières années. « Il y a eu de petites améliorations, convient Sylvain Giguère, mais c’est loin d’être suffisant. Chose certaine, nos membres sont déterminés et n’accepteront plus de vagues promesses de l’employeur. Ce qu’on veut, ce sont des engagements clairs, avec des dates précises, que le problème de la qualité de l’air sera bel et bien réglé » a conclu Sylvain Giguère.

Source :
Fraternité nationale des forestiers et travailleurs d’usines (FNFTU) section locale 299.

Pour information :
Sylvain Roy, FNFTU 299 (450) 465-2218

Gilles Léveillé, représentant régional FTQ (819) 562-3922