Des jeunes préparés et déterminés

Les jeunes ont vraiment franchi une étape importante dans un processus qui dure depuis trois ans, débat qui se poursuit aujourd’hui. Rappelons que le dernier congrès de la FTQ avait pavé la voie à la tenue d’un colloque sur les jeunes et à la mise sur pied d’un comité jeunes tant à la FTQ que dans les syndicats affiliés.

La déclaration de politique jeunesse présentée (mais pas encore adoptée) hier aux congressistes est axée clairement sur l’action des syndicats locaux et touche autant les jeunes syndiqués que les non-syndiqués. En plénière, les jeunes ont insisté sur la nécessaire formation syndicale dans les écoles pour avoir l’heure juste sur le marché du travail, pour connaître l’origine des acquis sociaux et comprendre les batailles de leurs aînés, des sujets que l’école escamote aujourd’hui. Des projets en ce sens se concrétisent présentement dans certaines régions.

Lors des interventions au micro, un message clair a été envoyé pour que les directions syndicales placent l’élimination de la précarité en emploi au cœur de leurs priorités de négociation, dans le privé comme dans
le public.

Les jeunes demandent également que les syndicats soient plus imaginatifs dans l’organisation du travail. Celle-ci doit coller davantage à la réalité et permettre des vies plus stables.

Une bonne école
On reconnaît que les comités jeunes sont une bonne école de militantisme et que l’engagement des jeunes a été significatif là où de tels comités ont été créés, de pair avec une structure d’accueil des nouveaux membres. Mais l’objectif demeure l’accès
à des postes de responsabilité dans les structures syndicales, là où les décisions se prennent. Oui, les jeunes ont besoin de place pour militer, mais pas au détriment des plus vieux. « Ne nous voyez pas comme une menace, on veut continuer votre combat. On ne veut pas vous tasser, on veut vous tendre la main », ont répété les jeunes à l’assemblée. Et plusieurs « anciens » leur ont répondu par des interventions les appuyant.

Le niveau de préparation et la détermination des jeunes ont impressionné plus d’un congressiste. Ce n’est pas un hasard ! Les jeunes n’ont pas fêté lundi soir, ils se sont réunis pour discuter stratégie d’intervention, contenu, répartition des passages au micro, etc.

Enfin, les jeunes ont lancé un défi au président de la FTQ : quadrupler le nombre de jeunes pour le prochain congrès!

« Lorsque j’étais à l’école, j’ai beaucoup tourné en rond. J’ai rencontré le mouvement syndical au travail. Si j’avais pu le faire dès l’école, cela m’aurait épargné bien des pas perdus. Dès que le patron embauche un nouveau, je vais le voir, je lui présente les dirigeants syndicaux et je lui donne les numéros de téléphone. Par la suite, les jeunes viennent nous voir. »
Steeve Pépin, 33 ans, Métallos

« Dans notre convention collective, nous avons une clause qui prévoit que, dans les sept jours suivant l’embauche, un nouveau membre doit rencontrer son délégué syndical. Notre boss a voulu nous empêcher de le faire. Nous avons déposé une soixantaine de griefs. Il a fini par comprendre. Le délégué rencontre le nouveau membre en compagnie d’un membre de l’exécutif syndical. »
Mohssine Mhaji, 33 ans, AFPC

« Nous sommes en conflit de travail depuis sept mois. Mal informés, les jeunes travailleurs sont plus faciles à intimider. L’employeur en a d’ailleurs profité pour les voler. Il gardait les pourboires pour lui. C’est une des raisons pour lesquelles nous nous sommes syndiqués. J’ai pris l’habitude de voir les jeunes qui arrivent et de leur remettre une copie de la convention collective. J’ai noté que lorsque tu prends le temps de leur parler, ils viennent toujours te voir au lieu d’aller voir le boss. »
Marie-Josée Gosselin, 30 ans, UES-800