« Des études d’impacts jovialistes, fondées sur des crédos économiques du siècle passé, et évitant d’aborder les coûts humains et sociaux de la réforme forestière » – René Roy secrétaire général de la FTQ

Réforme du régime forestier; des études d’impacts incomplètes, déplore la FTQ

Le secrétainre général de la FTQ, René Roy

Le secrétainre général de la FTQ, René Roy

Montréal, le 12 février 2010 – Pour la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), les études d’impacts sur la réforme du régime forestier sont insatisfaisantes. « Nous, qui avons demandé dès les premiers instants que soient réalisées des études d’impacts sur le développement régional, sur l’emploi et sur le maintien des droits syndicaux, voilà qu’on nous pond une tablettée d’études qui évite à la ministre de se mouiller sur ces enjeux majeurs de la réforme », a déclaré le secrétaire général de la FTQ, René Roy.

Des études non crédibles

La FTQ se dit fort étonnée que l’on puisse arriver à démontrer en jonglant avec des hypothèses théoriques que toute cette réforme se fera « à coût nul » tant pour les entreprises que pour le gouvernement. « Comment peut-on en arriver à faire disparaître, par exemple, la perte assumée par le gouvernement de plus de 4,50 $ le mètre cube extrait de notre forêt, tout en prenant à charge en sus l’ensemble des coûts de l’aménagement forestier, du reboisement à la récolte, en passant par la planification et la mise en marché, le tout aux frais des contribuables.

Les économies chiffrées pour l’industrie proviennent tout simplement d’un délestage de leurs obligations dans la cour du gouvernement », a ajouté René Roy.

Des travailleurs privés de leur droit

La FTQ trouve déplorable que la nécessaire transition de l’exploitation forestière à l’aménagement durable du territoire forestier ne puisse trouver de plus larges appuis, dont le nôtre, faute de considération pour les travailleurs et les travailleuses en forêt comme en usine auxquels on refuse toujours un véritable accès à la syndicalisation depuis 1986, faute également de considération pour les citoyens et citoyennes de villes et villages dont l’activité économique voguera au gré de la « flexibilité » du marché.

« Entre 1986, année de l’entrée en vigueur de la Loi sur les forêts, à 2009, le taux de syndicalisation est passé de 78 % à 28 %, faute d’harmonisation avec le Code du travail. Nous avons enfin l’occasion, dans le contexte d’une large réforme, de corriger cette injustice qui ne profite qu’aux entrepreneurs à forfait, qui apparaissent et disparaissent au gré des récoltes », a poursuivi le vice-président du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP-Québec), Renaud Gagné.

Par ailleurs, le secrétaire général de la FTQ s’interroge également sur les vertus du nouveau Bureau de mise en marché des bois comme régulateur et pierre angulaire de la réforme du marché. « Si le prix obtenu pour le bois se limite à celui établi sur le simple jeu de l’offre et de la demande, sans tenir compte des coûts dorénavant assumés par le public contribuable, lesquels devraient impérativement être internalisés pour établir un prix plancher, on est aussi bien de donner le bois! », a précisé René Roy.

Québec doit retourner à la table à dessin

La FTQ trouve dommage que les avancées prévues au projet de loi 57, relativement à la participation des organismes et des citoyens et citoyennes dans la définition et la mise en œuvre de l’aménagement durable du territoire forestier, soient noyées dans un ensemble qui est bien loin de faire l’unanimité. Il en va de même pour le virage vers une approche écosystémique de l’aménagement forestier auquel aspire le Québec depuis la Commission Coulombe. « Faut pas que la ministre nous oblige, à regret, à jeter le bébé avec l’eau du bain. Nous aurions perdu non seulement temps et énergie pour bonifier l’actuel projet de loi, mais collectivement raté une belle occasion de se libérer d’une loi du siècle passé pour arriver enfin à une foresterie du 21e siècle, pour reprendre les mots mêmes de la ministre. Là-dessus, on est entièrement d’accord avec elle », ont conclu René Roy et Renaud Gagné.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus de un demi-million de membres.

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