Des efforts pour enrayer les ateliers de misère

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Atelier de misère : (n) anglais sweatshop, 1882. • Entreprise où règnent des conditions de travail inhumaines : des salaires médiocres, de trop nombreuses heures supplémentaires forcées et souvent non payées, aucune protection de la santé et de la sécurité au travail, le droit à la syndicalisation durement réprimé et, dans plusieurs cas, du harcèlement et de la violence contre les travailleuses et les travailleurs.

Atelier de misère : (n) anglais sweatshop, 1882. • Entreprise où règnent des conditions de travail inhumaines : des salaires médiocres, de trop nombreuses heures supplémentaires forcées et souvent non payées, aucune protection de la santé et de la sécurité au travail, le droit à la syndicalisation durement réprimé et, dans plusieurs cas, du harcèlement et de la violence contre les travailleuses et les travailleurs.

Les différentes campagnes menées depuis quelques années par des groupes d’actionnaires ou de défense des droits et visant à lutter contre les ateliers de misère commencent à porter fruits.

Depuis mai dernier, la Compagnie de la Baie d’Hudson semble avoir décidé de se positionner comme un leader dans la lutte contre les ateliers de misère, a rapporté le Globe and Mail.

Dans le cadre d’un pacte sur l’approvisionnement éthique international, les détaillants auraient accès à des informations confidentielles qui leur permettraient de choisir des fournisseurs respectueux de leurs normes éthiques. La Compagnie de la Baie d’Hudson s’attend à ce que trois importantes associations de détaillants signent l’accord d’ici quelques mois.

Reebok aussi
En avril dernier, Reebok est devenue la première compagnie à obtenir une accréditation de la Fair Labor Association (FLA), un organisme de certification sociale. Le programme de Reebok vise à implanter un rigoureux code de conduite dans les usines qui fabriquent des chaussures pour l’entreprise. L’an prochain, Reebok tentera de faire accréditer un programme équivalent pour les ateliers de confection de vêtements portant la marque de l’entreprise. L’accréditation est réévaluée à tous les deux ans.

Les entreprises qui adhèrent à la FLA doivent respecter son code de conduite concernant le travail forcé, le travail des enfants, le harcèlement, la discrimination, la santé et la sécurité, la liberté d’association et le droit de négocier collectivement, les salaires et bénéfices, la rémunération des heures supplémentaires, les horaires de travail, etc.

Et Gap
Après deux années de dialogue avec des investisseurs éthiques, Gap a publié son premier rapport sur les conditions de travail dans ses ateliers à l’étranger. Apparemment décidée à rehausser son image, Gap est devenue membre de l’Initiative d’éthique commerciale (Ethical Trading Initiative, ETI) et s’est engagée à favoriser l’ouverture d’un atelier de confection indépendant et syndiqué au El Salvador.

Le rapport fait état des conditions de travail dans les quelque 3 000 ateliers de confection de Gap répartis dans une cinquantaine de pays. Il précise que «rares sont les ateliers, s’il y en a, qui respectent totalement et en permanence» le code de conduite de l’entreprise, qui interdit notamment le travail forcé et celui des enfants. Le nombre excessif d’heures travaillées par semaine (souvent au-delà de 60) et les salaires inférieurs au seuil légal comptent parmi les principales infractions relevées. La chaîne de prêt-à-porter a d’ailleurs précisé qu’en raison des violations persistantes de son code, elle a mis fin à ses relations d’affaires avec 136 ateliers en 2003.

Le rapport de Gap a reçu un bon accueil de la part d’un groupe d’investisseurs éthiques états-uniens et d’une organisation non gouvernementale canadienne, le Maquila Solidarity Network (MSN) qui, bien qu’ayant émis quelques réserves, a apprécié sa transparence.
Source : Coalition québécoise contre les ateliers de misère, Bulletin d’information, juin 2004 et Groupe Investissement responsable.

Fermeture de l’usine Gildan au Honduras

En juillet dernier, la compagnie montréalaise Gildan (vêtements de sport) a annoncé la fermeture de son usine du Honduras, au centre d’allégations de pratiques antisyndicales depuis plusieurs années. Ces allégations portaient plus particulièrement sur les congédiements de militants syndicaux survenus à l’automne 2002 et 2003.

Le refus de la compagnie de procéder à une enquête indépendante afin de faire la lumière sur ces allégations a poussé l’ONG canadienne Maquila Solidarity Network à déposer deux plaintes: d’abord, auprès de la Fair Labor Association, une organisation à laquelle Gildan a adhéré en octobre 2003; puis, auprès du Workers Right Consortium.

Les résultats des deux enquêtes ont souligné plusieurs violations relatives à la liberté d’association, aux heures travaillées, aux salaires, au harcèlement, à la santé-sécurité, ainsi qu’aux femmes et aux parents.
La vision antisyndicale de Gildan aurait joué un rôle significatif dans la fermeture de l’usine, privant ainsi plusieurs centaines de familles de leur gagne-pain.

Rappelons que le Fonds de solidarité FTQ avait annoncé le retrait de sa participation dans Gildan pour des motifs semblables, en novembre 2003, en conformité avec son code de conduite international.