Des dirigeants de la FTQ, de la CSN et de la CSD tracent le bilan québécois des décès, accidents et maladies professionnelles liés au travail

Reconnaissance par l’Assemblée nationale du Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail

Québec, mercredi 28 avril 2010 M. Michel Arsenault, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), M. Roger Valois, vice-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et M. Claude Faucher, vice-président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) ont fait le point ce matin sur le bilan québécois des décès, accidents et maladies professionnelles liés au travail.

Ils en ont également profité pour saluer le dépôt à l’Assemblée nationale d’un projet de loi visant à proclamer le 28 avril comme Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail. Cette journée est soulignée depuis 26 ans par les organisations syndicales.

« Quelque 185 décès reliés au travail en 2009, c’est totalement inacceptable dans une société avancée comme la nôtre. Et même s’il y a 10 décès de moins qu’en 2008, il n’y a pas lieu de se réjouir si on tient compte de la baisse généralisée de l’activité économique et donc du nombre d’emplois depuis deux ans », a indiqué le vice-président de la CSN, Roger Valois

Le président de la FTQ, Michel Arsenault, a déploré pour sa part une tendance lourde qui se confirme année après année. « Alors que les travailleurs de la construction ne représentent que 5 % de la main-d’œuvre, ils sont les victimes de 26 % du total des décès liés au travail. Il y a lieu de renforcer davantage les inspections et, surtout, l’implantation de programmes de prévention efficaces ».

« Les maladies professionnelles, qui comptent pour 123 des 185 décès en 2009 trouvent souvent leur source longtemps dans le passé. Par exemple, il ne faudrait pas qu’on attende 20 ans pour découvrir que l’usage généralisé des nanotechnologies et le laxisme dans leur réglementation sont la source d’un nombre élevé de maladies aujourd’hui inconnues. C’est aujourd’hui qu’il faut y voir », a fait valoir Claude Faucher, vice-président de la CSD.

Les dirigeants syndicaux s’entendent par ailleurs pour condamner le fait que, plus de 30 ans après l’adoption de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST), moins de 20 % des travailleurs et travailleuses sont couverts par des secteurs dits prioritaires avec des comités de santé et de sécurité au travail et des programmes de prévention dignes de ce nom.

À l’échelle mondiale, l’Organisation internationale du travail (OIT) estime que chaque année quelque 2,3 millions d’hommes et de femmes meurent d’accidents du travail ou de maladies professionnelles, dont près de 360 000 d’accidents mortels et environ 1,95 million de maladies professionnelles incurables. À l’échelle du Québec, c’est comme si Montréal et ses couronnes nord et sud étaient rayées de la carte en une seule année. En termes économiques, l’OIT estime qu’environ 4 % du PNB annuel mondial, soit 1250 milliards de dollars, sont absorbés par les coûts directs ou indirects des accidents et des maladies professionnelles.

Dans toutes les régions du Québec se tiendront aujourd’hui des activités entourant le Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail. Des moments de silence seront observés sur des milieux de travail, des bannières seront déployées sur les principaux axes routiers, des activités de sensibilisation seront tenues.