Dernier relevé annuel de Statistique Canada : LE TAUX DE PRÉSENCE SYNDICALE AU QUÉBEC EST EN LÉGÈRE HAUSSE, À 39,9 % - Le taux canadien est de 32,2 %

Montréal, 18 mars 2001 - Le taux de présence syndicale au Québec pour l’année 2000 a atteint 39,9 % des salariés ayant un emploi, en légère hausse comparé au taux de 39,5 % en 1999, révèle le dernier relevé annuel de Statistique Canada* dont la FTQ a obtenu copie. Le taux pour l’ensemble du Canada s’est établi à 32,2 %, soit le même que l’année précédente.

Le Québec est passé au premier rang des provinces canadiennes, devant Terre-Neuve où le taux de présence syndicale a baissé à 39,1 % comparé à 40 % en 1999. Le Manitoba suit avec 36,5 % et la Colombie-Britannique avec 35,8 %. L’Ontario affiche un taux de 28,2 %. Le taux de présence syndicale est le rapport entre le nombre de salariés couverts par une convention collective et l’ensemble des salariés en emploi.

Au Québec, on dénombre environ un million cent soixante-huit mille (1 168 000) personnes protégées par une convention collective, soit quelque 45 000 de plus que l’année précédente, selon le rapport de Statistique Canada. La FTQ en représente le plus grand nombre, soit au-delà d’un demi-million de salariés ou 44 % du total. Les syndicats indépendants et la CSN en représentent un peu plus de 20 % chacun, la CSQ 11 % et la CSD 5 %.

Tendance à la baisse
En rendant publics ces résultats positifs, le président de la FTQ, M. Henri Massé, a toutefois tenu à souligner que la tendance était plutôt à la baisse depuis plusieurs années. «Une hirondelle ne fait pas le printemps », dit-il. Le taux au Québec a en effet fléchi de 41,4 % en 1997 à 39,8 % en 1998 et 39,5 % en 1999, avant de remonter légèrement en l’an 2000. Depuis les dix dernières années, le taux a chuté de cinq points de pourcentage, de l’ordre de 45 % à 40 %.

M. Massé note également une grande différence entre le secteur public, où le taux de présence syndicale est de 80,1 % au Québec, et le secteur privé, où il n’est malheureusement que de 27,5 %.

« Même si le Québec a un des taux les plus élevés en Amérique du Nord, dit M. Massé, nous sommes vivement préoccupés par la forte tendance à la baisse observée depuis dix ans et par la difficulté d’augmenter la présence syndicale dans le secteur privé. C’est pourquoi nous avons réclamé une réforme du Code du travail afin de faciliter l’accès à la syndicalisation, notamment pour les petits salariés et les jeunes. Nous espérons que le projet de loi en ce sens déposé à l’Assemblée nationale pourra être adopté ce printemps, mais avec les modifications que nous avons demandées. »

M. Massé ajoute : « Le principal défi du mouvement syndical est de s’implanter davantage dans le secteur tertiaire privé, parmi le personnel de bureau, de commerces et de services, là où se créent les nouveaux emplois. Pour y arriver, la FTQ et ses syndicats affiliés ont mis en œuvre de nouvelles stratégies de recrutement qui commencent à porter fruits. »

Des percées syndicales
Ce sont les syndicats de la FTQ qui recrutent le plus de nouveaux membres chaque année et l’année 2000 a été très fructueuse à cet égard. À titre d’exemples, la FTQ a fait des percées importantes auprès des camionneurs indépendants (notamment dans le port de Montréal), dans les services financiers (plusieurs caisses Desjardins), l’alimentation (tous les marchés Loblaw), le commerce (Rona, Réno-Dépôt, Archambault Musique et Livres), la restauration et l’hôtellerie, les agences de sécurité, le vêtement, le meuble, la grande industrie de pointe (Norsk-Hydro à Bécancour), les municipalités ainsi que la télédiffusion (tout le personnel de TVA à Montréal).

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

* Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, CD-ROM 2000